Aujourd’hui 18 mars, nous sommes deux jours ouvrables avant de me retrouver officiellement « sur la tablette » comme dirait Douce (quelle belle expression ;- )) avec en perspective rien de mieux à faire que d’éplucher les offres de mandats internes (et bien sur les éventuelles offres d’emploi externes). Mon CV est prêt, au moins la version Française, et je peaufine la version Anglaise. En fait si j’avais le choix j’opterai directement pour un mandat anglophone, mais je sais que je ne peux pas me permettre d’être difficile. L’étau se resserre et pourtant je ne baisse pas les bras; je demeure professionnelle et m’assure que les projets sur lesquels je travaille et qui sont pratiquement terminés soient correctement ficelés, tout point en suspens est documenté, tout risque possède sa mitigation, tout problème est adéquatement soulevé et adressé dans la mesure du possible, toute demande de changement est loguée. Le nouveau gestionnaire en place sait qu’il peut compter sur moi s’il a des questions. Je sais que je peux partir tranquille, la ressource qui reprendra le flambeau après moi quand de nouveaux mandats seront ouverts ne sera pas perdue dans une mer de documentation sans structure.
Aujourd’hui, deux jours ouvrables avant la fin officielle de mon mandat actuel, le gestionnaire de projets pour lequel j’ai travaillé jusqu’à présent (et avec qui j’avais ma foi très peu de contact, nous nous sommes vu une fois en trois mois) m’a contacté pour me présenter de nouveaux mini-projets ainsi que des suivis à faire. Il a en fait prolongé mon mandat dans son groupe jusqu’au 7 avril. Ce n’est pas grand-chose, 3 semaines. Il n’empêche qu’il s’agit de 3 semaines et que je n’ai pas hésité une seconde. D’abord il s’agit de mini-projets tout à fait nouveaux pour moi, ce qui veut dire que je vais apprendre de nouvelles choses, et puis cela montre encore une fois mon adaptabilité, ma flexibilité, mon désir de travailler et d’être productive. Il m’a invité à luncher avec lui et nous avons pu discuter de ce qu’il avait en tête, j’ai pu lui parler de ce à quoi j’aspirais et il a pu constater mon niveau de motivation. En tout et pour tout, ce fut une bonne rencontre. Ce n’est pas un gestionnaire avec lequel je peux dire que je m’entends particulièrement bien, sa réputation le précède donc je me méfie un peu mais comme il l’a si bien dit aujourd’hui, il a besoin de mes services et je n’ai aucun intérêt à rester sur le banc. Son argument, à défaut d’être amical, a l’avantage d’être franc et direct. Ça me va tout à fait. Il ne tient qu’à moi maintenant de l’impressionner pour qu’il pense à moi avant tout autre s’il a d’autres mandats en tête dans un futur rapproché.
Vous l’avez sans doute compris, je suis déterminée à ne pas me retrouver sur le banc si je peux l’éviter, avec le risque immense de me retrouver
sans emploi quelques jours après. J’ai deux enfants à assumer, plus des frais fixes mensuels élevés, je ne peux pas me permettre de perdre mon emploi sans essayer à tout prix de le garder. En ce moment les temps sont vraiment difficiles, je dépense effectivement plus que je ne gagne depuis janvier 2009 (en fait depuis l’achat de mon ordinateur). J’aurais pu absorber cette dépense individuelle mais une série d’évènements s’est enclenchée qui fait que j’ai eu d’autres dépenses trop lourdes pour mon revenu (entre autres, la facture d’électricité, le camp d’été de ma fille, et aussi, mais oui, la fameuse bibliothèque Billy dont j’aurais du repousser l’achat en fin de compte ;- )). Mon ex ne participe pas aux dépenses du camp d’été puisqu’il dit qu’il n’a pas d’argent, je me retrouve seule à assumer. Et je ne veux pas toucher à mon fonds d’urgence car justement j’en aurais besoin si je perds mon emploi. J’utilise donc ma marge de crédit dont le taux est ridiculement bas. Évidemment je ne suis pas en mesure de mettre un centime de côté pour le moment, mais ce n’est plus une priorité. Je sais que ce n’est qu’une question de temps avant de pouvoir reprendre le contrôle de mes finances, mais je dois dire que je n’aime pas être dans cette situation. Ma priorité est de préserver mon emploi car il s’agit de ma source de revenus la plus importante, et dont je dépends malheureusement. Ah, que j’aimerais avoir atteint le point rêvé où mes revenus passifs et récurrents seraient assez importants pour que ce ne soit plus un souci! Enfin, c’est un objectif à long terme sur lequel je travaille.
Le fait que mon gestionnaire actuel m’ait appelé aujourd’hui démontre une chose : Vous devez agit de façon supérieure à la moyenne si vous voulez être traité au dessus de la norme. Vous devez vous rendre indispensable, vous rendre utile. Je sais, personne n’est indispensable, mais vous pouvez créer l’illusion que vous l’êtes assez longtemps pour vous sortir d’une mauvaise passe. Vous devez agir de telle sorte que vos pairs et vos gestionnaires se souviennent de votre visage quand ils dresseront la liste des prochaines personnes qui doivent être remerciées.
Il est clair que les entreprises souhaitent réduire leurs coûts; la mise à pied temporaire est une méthode couramment employée dans la compagnie où je travaille pour arriver à ces fins. Cependant les dirigeants de ces mêmes entreprises sont également conscients qu’ils ont besoin de rester efficace à tout prix. Cela revient à dire qu’ils ne vont certainement pas mettre à pied les personnes qu’ils jugent indispensables. En tout cas, pas immédiatement…
Le fait est, si vous voulez être traité comme un employé «spécial», vous devez d’abord vous demander si vous faites quelque chose de «spécial» pour votre employeur. Plus on avance dans le temps, plus la crise perdure et plus il est difficile pour les gestionnaires d’identifier les ressources qui feront partie des prochaines vagues… des vagues qui auront lieu, c’est une certitude. Dans ma compagnie nous avons essuyé la troisième il y a trois semaines, et la quatrième est en train de se former… C’est là qu’il faut sortir de la masse, se démarquer et faire son possible pour surfer ces vagues le plus longtemps possible avant d’en faire soi-même partie… si cela devient une fin en soi.
Le message est simple : si vous agissez comme un employé moyen, vous obtiendrez la moyenne. Si vous agissez comme un employé spécial, vous obtiendrez un traitement spécial. Ce n’est pas une habitude, c’est un mode de vie. Le fait d’avoir reçu cet appel aujourd’hui me prouve que je me suis démarquée, il n’en tient qu’à moi de le rester. Et si cela ne suffit pas, au moins je peux dire que j’aurais tout fait pour y arriver. Je n’aurais rien à me reprocher, et mon employeur non plus.
Pour ceux qui se demandent peut-être pourquoi je suis encore employée salariée, car c’est effectivement la forme moderne commune de l’esclavage. Je pense qu’il est impossible de devenir riche à court terme tout en étant salarié, à moins de ne toucher un salaire vraiment exorbitant, comme les joueurs de hockey par exemple. Une des clefs de la richesse est de devenir son propre employeur, ou de travailler à son compte. J’en suis consciente mais dans la situation actuelle où je suis, avec deux enfants en bas âge et en situation de post-divorce pas très gaie, je ne me vois pas en train de sauter le pas. Pas encore… Cela fera certainement partie d’un de mes objectifs futurs par contre! Restez branché!
Donc, bonne nouvelle pour moi, nous verrons bien comment la situation évolue. Ne soyez pas une victime, menez votre vie comme on dirige un navire, donnez vous des objectifs clairs, un cap, motivez-vous et vous arriverez toujours à bon port!
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J’ai une forte pensée pour vous et j’espère que les persepctives seront meilleures pour vous dans les délais les plus courts possibles. Tenez bon!!!