Cela faisait longtemps mais cet article entre définitivement dans la rubrique « Je réponds! ». J’ai reçu un courriel cette fin de semaine d’un lecteur qui m’a fait réfléchir sur Qui j’étais mais en fait surtout sur ce que je laissais transparaître de ma personne aux autres par le biais de finir-riche. Vous voyez, je suis de nature transparente, je n’aime pas faire de cachotteries, je déteste mentir (mieux dit, ceux qui me connaissent savent que je ne sais pas mentir) donc il est logique que je pense que ceux qui me lisent me voient telle que je suis. Si je cache mon identité, ce qui est déjà pour moi un problème en soi, c’est parce que je ne veux pas que mon ex me trouve sur la toile, et qu’il ne découvre à quel point ma qualité de vie et l’état de mes finances se sont améliorés depuis que je ne suis plus avec lui. Je sais qu’il fait des recherches régulièrement sur mon nom, je suis sûre que vous pouvez facilement imaginer sa réaction s’il découvre que j’ai parti un blogue il y a de cela plus de trois ans maintenant, et sur les finances personnelles en plus! Nous avons deux enfants ensemble et il pourrait très bien utiliser ses nouvelles connaissances sur moi pour me causer du trouble, c’est malheureusement tout à fait son genre. C’est bien la seule raison pour laquelle je ne suis pas aussi transparente que j’aimerais l’être. Je ne suis pas sur facebook pour les mêmes raisons, je ne parle que très rarement (ou même jamais) de mon blogue en personne, même à mes amis les plus proches. Je sais que je pourrais avoir plus de traffic et aider plus de monde si j’avais une approche plus claire et plus directe mais je ne veux simplement pas aller plus loin de ce côté là.
Le courriel de ce lecteur, que nous appellerons simplement Frédéric, m’a surpris parce que je ne pensais pas donner cette image de moi. Je me dis que mes articles ne reflètent peut-être pas bien qui je suis en réalité, et c’est pourquoi je voudrais recentrer le tir publiquement. Après tout, Frédéric a très bien pu exprimer tout haut ce que certains d’entre vous pensent tout bas, et je l’en remercie. Pour le bénéfice de tous, voici donc le courriel de Frédéric dans son intégralité, suivi de ma réponse.
Bonjour,
J’ai lu quelques articles de votre blog que je trouve intéressant car je
suis aussi dans une telle démarche à un niveau un peu plus avancé que vous.
Je vous écris à propos de 3 points que je ne trouve pas clairs :
- Vous parlez souvent de couper le robinet des dépenses pour tuer
les dettes mais j’ai l’impression que vous tuez aussi votre qualité de vie.
Il y a des moyens de dépenser moins tout en profitant de la vie et je ne
vois pas cette dimension dans votre blog.
- Toutes les dettes ne sont pas mauvaises, en particulier celles
qui sont maîtrisées et qui ne vous prennent pas à la gorge. Il est par
exemple plus intéressant d’avoir un crédit immobilier qui se rembourse que le capital investi dans des placements.
- Ma dernière question touche à votre bilan personnel. Peut être
que vous ne voulez pas tout dévoiler ce que je comprends fort bien. Mais par exemple vous planifiez de rembourser 70.000$ en 44 mois soit 1600$/mois. Ça me parait énorme. Soit vous avez un gros revenu, soit vous ne vivez plus.
Bref, on ne voit pas les entrées et sorties alors que le nerf de la guerre
est bien là pour pouvoir verser le solde dans le remboursement de ses
dettes.
Cdlt,
–
Frédéric
Bonjour Frédéric,
Tout d’abord, merci d’avoir pris la peine de m’écrire pour me poser ces questions, cela m’a permis de me questionner sur la personne que je suis. En fait, je sais exactement QUI je suis et ce que je veux dans la vie, mais malheureusement le fait que je ne puisse pas tout dévoiler sur finir-riche gène cette transparence que j’affectionne tant. Pour vous répondre:
- Effectivement je parle souvent de couper les dépenses mais c’est surtout dans un contexte de tuer la spirale de la dette. Dépenser moins que ce que l’on gagne est le message que je veux faire passer, c’est l’exemple que je veux donner. Il est clair que dans certains cas où l’on est surendetté ou proche de le devenir et qu’il faut couper l’hémorragie alors Oui, la qualité de vie est affectée puisqu’on ne peut plus rien dépenser sur ce qui entre dans la catégorie Loisirs. Disons que l’on s’est bien amusé, que l’on n’a pas beaucoup réfléchi, ou encore que l’on a essuyé de méchants coups durs (le divorce ou la maladie par exemple) et que l’on est maintenant dans une impasse où il faut absolument redresser la barre. Oui, je prône l’arrêt des situations ridicules, la prise en main sévère quand c’est nécessaire, mais de là à faire penser que je vis moi-même dans l’austérité au quotidien, il y a vraiment un écart profond. Je suis frugale de nature, je n’aime pas regarder la télévision car je trouve que c’est souvent une perte de temps, quoique ma grosse exception est de regarder le Canadien, je suis une grosse fan. Je ne magasine pas pour mes vêtements, je ne porte pas de bijoux parce que cela ne m’intéresse pas, je ne vais pas dans les spas non plus pour les mêmes raisons. Disons que je ne m’indulge pas dans ce que les autres considèreraient comme un plaisir parce que personnellement je n’y trouve aucun intérêt. Par contre je ne me prive de rien, ni ne prive mes enfants de ce que je considère être bon pour nous. Nous avons simplement une routine, je leur montre depuis tout jeune comment on planifie ses dépenses. D’ailleurs si vous voulez en savoir plus sur moi et sur la façon dont je m’y prends, je vous recommande de lire l’article Comment développer le gène de l’argent chez ses enfants. Notre voiture a bientôt 8 ans et je leur parle du fonds que j’ai mis en place pour la remplacer dans quelques années, ils savent combien le fonds contient et le voient grandir tranquillement. J’ai ouvert cette année l’objectif DisneyWorld 2014 (voir Mes objectifs 2012 pour la liste complète de tous mes objectifs pour l’année), et c’est aussi un fond qu’ils surveillent, je dois dire avec beaucoup plus d’intérêt que celui de la voiture ; -), nous partons en camp d’hiver tous les ans depuis 4 ans maintenant, nous allons voir une game de hockey tous les ans également depuis 4 ans, nous allons en France tous les étés pour 3 ou 4 semaines, nous allons au restaurant quand les résultats scolaires sont bons ou quand ils font de beaux efforts, généralement le vendredi soir après notre visite hebdomadaire à la bibliothèque (une autre activité gratuite et combien enrichissante qui est entrée depuis 4 ans dans notre routine). Le point clef dans tout cela est que nous faisons toutes ces activités depuis les 4 dernières années. Depuis que je suis divorcée. Avant cela? Nous dépensions, c’est clair, mais je serais bien incapable de vous dire sur quoi! Autre activité ludique, je vais au restaurant pratiquement tous les dimanches sans les enfants rejoindre mes amis. Non, je ne nous refuse rien mais je ne dépense pas non plus plus que je gagne. Je reste dans mes moyens, je sais attendre les bonnes opportunités (pour un bon exemple, voir l’objectif iPod Touch) et je vis en accord avec moi-même.
Pour votre deuxième point vous avez tout à fait raison. Je ne parle pas assez de la stratégie de levier que l’on peut utiliser pour investir. Un bon exemple que je vais certainement utiliser quand les enfants seront en âge d’aller à l’université, est d’acheter un triplex à Montréal dans lequel j’installerai mes enfants et que j’ouvrirai aussi à la location. Ainsi une partie de l’hypothèque sera payée automatiquement et je sais que mes enfants auront un endroit où étudier. Par contre si vous me lisez depuis un moment vous devez savoir que je leur ferai aussi payer un loyer. Ainsi va la vie, il y a très peu de choses gratuites sur terre! ; -) Nous choisirons l’endroit ensemble, c’est certain. Pour le reste je m’attends à avoir des locataires responsables et ce, pour les trois appartements! Je ne parle pas assez de cet aspect là des finances personnelles tout simplement parce que je ne suis pas rendue là. J’y ai pensé, je le considère, mais il est trop tôt encore pour que j’y consacre du temps. Je ne serais pas en mesure de parler de telles méthodes de façon intelligente, et c’est pourquoi je préfère m’abstenir. Par contre si vous avez des idées à partager je serais toute prête à les publier ici.
Votre troisième question. Effectivement, je n’avais jamais vu cet aspect là mais j’apprécie vraiment que vous me l’ayez posé. Oui, je rembourse mon hypothèque à raison de $1,600 par mois, ou plutôt pratiquement $400 par semaine puisque je suis en mode de paiement accéléré. J’ai effectivement toujours très bien gagné ma vie (j’ai toujours refusé d’être exploitée par un employeur et j’ai toujours tout fait pour que ce ne soit jamais le cas), j’ai une maîtrise et un bac à mon actif et je me suis assurée que mes études soient rentables. Maintenant je suis à mon compte donc c’est encore mieux puisque je suis mon propre patron, je me verse une somme fixe chaque semaine qui me permet de rembourser mon hypothèque et de vivre ma vie, simplement peut-être, mais c’est par choix et non par nécessité. Mon luxe à moi est justement là, dans le fait que je vive ma vie de façon heureuse et simple parce que c’est dans un environnement simple que je suis la plus heureuse.
J’espère avoir répondu à vos questions, j’ai certainement essayé du mieux que j’ai pu et j’espère aussi que vous me connaissez mieux maintenant. Le déclencheur de finir-riche vient de la vie financière dissolue que j’ai été forcée de vivre tout au long de mon mariage. Je n’avais plus le contrôle de mes finances, mon salaire sortait dans sa totalité avant même que je puisse souffler et me dire que j’avais été payée. Avant mon mariage je dépensais certes trop mais jamais plus que ce que je gagnais, et je me suis promise, et j’ai fait une promesse en pensée à mes enfants (ils sont trop jeunes pour que je leur parle de cette facette particulière de leur père, j’imagine qu’ils la découvriront par eux-mêmes bien assez tôt) que nous ne vivrions plus jamais ainsi. Je suis fière d’avoir remonté la pente aussi rapidement et d’avoir même amélioré mes habitudes d’avant; j’établis des objectifs tant financiers que personnels depuis que je suis divorcée, ce que je ne pouvais absolument pas faire pendant mon mariage (et que je n’avais jamais pensé à faire avant), et je planifie mon avenir, ce que mon ex n’a jamais pu concevoir et ne concevra jamais. Bref, voici en quelques mots la personne que je suis et ce à quoi j’aspire. À cause de ce passé sombre qui a quand même duré dix ans, je préfère de loin prôner la sobriété financière plutôt que l’exubérance, que j’ai trop mal vécu. En lisant seulement quelques articles sur finir-riche, donc des bribes de ma vie sans avoir l’image complète, mon style de vie peut paraître extrême à certains, mais cela ne reflète pas qui je suis ni comment je suis. Merci de m’avoir lu!
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Je ne vois vraiment aucun problème à ce que nous ne connaissions pas votre véritable identité. La protection de l’intimité est importante pour moi et je crois qu’il est correct d’avoir un blogue sans être obligé de tout révéler de sa vie privé.
Certains disent que ce n’est pas honnête de cacher ces informations, mais il y a une nette différence entre cacher et ne pas révéler. Je ne comprends pas cette soif de TOUT savoir sur quelqu’un. Si l’anonymat sert à des fins nuisibles comme les trolls qui sévissent sur les commentaires de blogue, il peut aussi servir à se protéger soi-même et sa petite famille.
Il y a quand même des gens bizarres dans notre société, que ce soit des ex vindicatifs ou des imbéciles qui se plaisent à harceler les autres. Mieux vaut ne pas s’exposer inutilement.
Je lis tous vos articles, je trouve votre blogue très intéressant et je n’ai pas à tout savoir pour l’apprécier.