Il était temps que je m’y remette, cela fait même partie des objectifs que je me suis donnée pour l’année 2010, c’est-à-dire renouer avec les blogueurs du festival À la Croisée des Blogs qui est ce mois ci organisé par DocG, du blogue En Pleine Conscience.
Je dois avouer que j’ai même failli ne pas y participer, n’étant pas plus inspirée que cela par le thème de ce mois ci, qui est le Changement… Est-il possible de vraiment changer? J’ai donc eu le syndrome de la page blanche, ce qui m’arrive peu souvent. C’est en fait Mama-Zen qui m’a sorti de ma torpeur avec l’un de ses commentaires qui m’incitait à m’y coller. Après tout, cela fait plusieurs mois que je n’ai pas participé, et il est temps de m’y mettre. Je dois dire que j’arrive sur le fil, la date finale pour la soumission d’articles est le 7 mars! Ouf!
Alors, peut-on vraiment changer? Bien sur le thème reste ici dans le cadre des finances personnelles. Le sujet est vaste et peut être adressé sous bien des angles, ce qui a d’ailleurs été fait par mes amis blogueurs dans le cadre de ce festival. Personnellement, je n’ai pas l’intention de me perdre dans des pensées philosophiques. Je préfère rester terre-à-terre, dans le concret et le tangible, c’est de toute façon plus mon style ; -) La réponse rapide est Oui, mais tout dépend de l’attitude que l’on décide d’adopter. Certaines personnes ne changeront jamais. Elles sont endettées jusqu’au cou, font faillite, se remettent sur pied et refont exactement les mêmes erreurs sans se rendre compte qu’elles obtiendront évidemment le même résultat. Je serais plutôt du genre à suivre la superbe citation de Francis Blanche
Face au monde qui change, il vaut mieux penser le changement que changer le pansement…
Dit avec une pointe d’humour cela passe évidemment mieux mais il est vrai qu’il vaut mieux vivre avec son temps, s’adapter et évoluer. Loin de nous le temps des machines à écrire… Elles ont depuis longtemps été remplacées par l’ordinateur de bureau, puis le portable dont la taille et le poids ne fait que réduire. De nos jours même les téléphones cellulaires donnent l’option de laisser libre cours à son inspiration. On n’arrête pas le progrès, on s’y adapte.. ou on s’ostracise mais ce n’est pas le sujet dont je ne m’étendrai pas sur ce point. S’adapter fait partie de l’évolution normale, et nous y participons tout naturellement. De la même manière, les gens qui achetaient avant uniquement quand ils avaient l’argent pour se le permettre (à part peut-être leur maison s’ils n’en héritaient pas) se payent maintenant la plupart de leurs plaisirs à crédit. La télévision plasma, les vacances à Cuba, les meubles, électroménagers, voitures… la liste n’a pas de fin… et les dettes non plus, cela va de soi…
La plupart des gens, surtout les dernières générations, celles qui n’ont pas connu les situations de guerre, vivent de cette manière, et hypothèquent leur vie sans même y prêter une pensée. Mais est-ce que l’on peut vraiment changer? Est-ce que l’on peut prendre conscience que la situation dans laquelle on se trouve est la résultante directe de son comportement? Effectivement on se fait manipuler tous les jours par la publicité, la facilité avec laquelle on peut se procurer du crédit, et les tentations toujours omniprésentes. Peut-on décider de se prendre en main, et changer pour de bon?
La réponse, définitivement, est Oui. Il suffit de le vouloir, de s’armer de courage, faire face à la réalité et décider de s’assoir, faire le bilan de sa situation pour ensuite prendre les mesures nécessaires. Quelques fois on n’est pas en mesure de s’en sortir tout seul. Le trou est trop profond, ou encore on ne sait tout simplement pas par où commencer. On cherche conseil. De nos jours avec l’internet on n’est jamais vraiment très loin d’une main tendue qui veut donner de l’aide. C’est dans un des commentaires sur un article du site de Mama-Zen sur le budget que j’ai trouvé la référence aux émissions de télévision Gail Vaz-Oxlade, Til Debt does u$ part. Je connaissais le blogue de Gail Vaz-Oxlade, dans lequel elle mentionne ses émissions mais je ne savais pas qu’on pouvait aussi les regarder gratuitement sur le net. Je vous le recommande chaleureusement, mais avis aux amateurs, le site de Gail et les émissions sont en anglais seulement.
Gail est une experte en finances personnelles, LA référence au Canada. Son blogue et son franc-parler sont remplis de bon sens. Elle aide les gens à se sortir de situations financières particulièrement difficiles en leur prodiguant des conseils et surtout en leur imposant une façon de gérer leurs finances qui est draconienne et radicalement différente. Cela les force à prendre conscience de leur situation et à changer. Dans ses émissions, les ménages (jusqu’à preuve du contraire ses émissions se concentrent surtout sur des personnes vivant en couple ou en famille) font appel à elle parce qu’ils sont dans des situations désespérées, dans des impasses où souvent la seule option qui se profile à l’horizon est la faillite. Les revenus ne sont pas en cause, il peut s’agir de ménages à faibles revenus mais aussi de couples dont l’un des conjoints est médecin, ou avocat. C’est la gestion, ou plutôt le manque de gestion de leurs finances qui est en faute.
Déroulement des émissions
Quelque soit la situation dans laquelle le ménage se trouve, la solution est pratiquement toujours la même, à quelques légères variantes près. En premier lieu, on expose la problématique:
- Gail débarque dans la maison du ménage ciblé,
- elle visite les lieux pour voir si on peut déterminer à vue d’œil des problèmes apparents (comme des achats impulsifs par exemple),
- elle fait une analyse complète de la situation financière, et
- elle annonce dans combien de temps, s’ils continuent sur cette lancée, les intéressés atteindront un niveau de non retour.
Ensuite, on expose le plan d’action:
- Gail fait disparaître les cartes de crédit, et
- elle présente à la place la méthode de gestion de budget qu’ils devront obligatoirement adopter.
La méthode des « jars »
Le concept est simple : Toutes les dépenses fixes sont gérés automatiquement. Pour ce qui est des dépenses variables, le couple ciblé ne peut utiliser que de l’argent liquide, alloué pour la semaine, stocké dans des bocaux (jars en anglais) et qui représentent chacun un poste spécifique. Quand le bocal est vide, on arrête de dépenser, tout simplement.
Suivi
Gail visite le couple toutes les semaines pour suivre leurs progrès. Au bout de quatre semaines elle fait le bilan global de leur situation, estime combien de temps cela va leur prendre, au rythme des 4 dernières semaines passées, pour sortir de leur endettement. Dépendamment de leurs efforts et de la bonne volonté dont ils ont fait preuve pendant le mois, elle leur accorde une somme qui peut aller jusqu’à $5,000 ainsi qu’un cadeau. Cela peut être une fin de semaine dans un spa ou encore des objets qui peuvent aider le couple à s’en sortir financièrement comme par exemple un appareil photo professionnel pour une personne dont le passe-temps est la photographie, histoire d’arrondir ses fins de mois.
Ces gens là n’ont d’autre choix que de mettre leur orgueil de côté et de suivre les conseils que Gail leur donne. Souvent, leur situation est si mauvaise qu’ils font appel à elle parce qu’ils ne voient pas d’autres solutions. Ils ne savent pas où ils en sont et souvent ne communiquent pas entre eux, ce qui ne fait qu’envenimer la situation. Gail les force à se reprendre en main. Tout dépend du couple, certains décident de jouer le jeu, suivent fidèlement ses conseils et s’appliquent à compléter les défis qu’elle leur donne, comme trouver un moyen de rapporter de l’argent supplémentaire, échanger les responsabilités du couple dans la maisonnée, etc. D’autres résistent, se rebiffent malgré la situation dans laquelle ils se trouvent, refusent d’ouvrir les yeux. Leurs résultats sont évidemment moins bons… Tout est une question d’attitude…
Il y a même sur le site une section qui fourni un suivi sur certains des couples qui ont fait appel à Gail dans le passé. Ces couples, qui ont exposé leurs secrets plutôt intimes dans un temps de crise, reviennent quelques années après raconter dans quelle situation ils se trouvent. Très intéressant!
Endroit où trouver les émissions
Si vous êtes intéressés, rendez vous sur le site http://www.slice.ca, choisissez le menu « Vidéos » en haut de la page, puis « Til Debt » sur le menu de gauche. Vous aurez accès aux émissions des saisons 1 à 8, plus la section « Where are they now? ». Gratuitement, sans avoir besoin d’un abonnement au câble ; -)
Conclusion
Ce que cela prouve? Tout est vraiment une question d’attitude et d’ouverture d’esprit. On peut changer. Même si on vit les yeux bandés pendant des années, qu’on ne veut pas voir la vérité en face; si on n’est pas bien dans sa peau, et qu’on le veut vraiment, on peut décider de se prendre en main et changer son comportement pour que sa vie (et celle de ses proches) soit meilleure.
Cela fonctionne pour tout : ses finances personnelles, sa santé, sa carrière, ses relations amicales ou professionnelles, en fait cela fonctionne pour tout bât qui nous blesse et que l’on veut adresser, tout « pansement que l’on veut arrêter de changer » pour reprendre Francis Blanche, afin de gérer la source et non pas la conséquence. On peut « penser le changement », il suffit de le vouloir, de s’y mettre, et de ne pas lâcher.
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Bonjour Val !
Splendide ton article : pragmatique et sensible, moi je mets 10/10. Et tu soulignes un point essentiel. On dit souvent que vouloir c’est pouvoir. Mais toi tu dis que si on peut changer et qu’on veut voir la vérité en face, alors on y parviendra.
C’est e-xac-te-ment ça : pouvoir, c’est vouloir. On peut vouloir tout ce qu’on veut; si on n’en est pas capable, si on n’a pas les moyens, si ce n’est pas en notre pouvoir, alors ça ne marchera pas. D’un autre côté, on peut avoir toutes les ressources et toutes les connaissances nécessaires; si on ne mets pas sa PROPRE volonté en route, ça ne bougera pas d’un iota non plus.
Selon moi c’est le « je peux » qui vient toujours avant le « je veux » et non l’inverse. C’est à mon avis la seule façon d’évoluer en restant fidèle à ce qu’on est.
Merci pour ce bel article,
Bisouilles,
Wonder Lisette