Hier matin il ne faisait pas très beau à Montréal. Un peu comme aujourd’hui d’ailleurs, mais en un petit peu plus pire question pluie. Il m’est arrivé une aventure qu’il m’a fallu toute la journée pour digérer, et une partie de la journée d’aujourd’hui aussi. J’en ai parlé à tout le monde au bureau, à tous mes amis avec qui j’ai eu l’occasion de parler, mais me résoudre à écrire un billet sur le sujet, à le concrétiser de la sorte… Je n’étais pas prête à y consacrer l’énergie. Lisez donc…
Hier matin je débarque du bus qui m’amène à Montréal, je traverse une rue pour me rendre à mon travail. Mon bureau est à une dizaine de minutes de marche de la gare de bus. Je marche sur le trottoir et il se met à pleuvoir. Évidemment j’ai laissé un de mes parapluies dans la voiture, et l’autre au bureau. Pas très utile… Je me mets donc une petite note mentale pour me faire penser à garder un de mes parapluies dans mon sac. Après tout c’est le printemps, c’est normal qu’il pleuve. J’accèlere le pas et j’essaye de passer au travers des gouttes.
Arrivée à un feu rouge, il n’y a aucune voiture à l’horizon. La ville est encore calme, il est un peu passé 8:00 du matin. Il pleut de plus en plus, et je décide de traverser. Le feu est rouge pour les piétons. Ce que je n’avais pas vu est la voiture de police qui était stationnée de l’autre côté de la rue.
J’entends la sirène fait un son bref et autoritaire. Je regarde vers la voiture et je vois sa conductrice me faire ce geste sans équivoque de l’index « Viens donc par ici… » Disons qu’elle m’a cueilli comme une fleur… Comme il pleuvait décidemment de plus en plus je m’approche et demande à l’agente de la paix (on se demande où ils ont trouvé cette appellation… Agente de la PAIX. Il devait avoir une signification dans le temps… Il y a très longtemps) si je peux m’assoir à l’intérieur puisqu’elle m’a abordé. Je ne soupçonne vraiment pas ce qui m’attend. La réponse est « Non ». Je suis verbalisée pour « jaywalking », ou marcher dans la rue sans tenir compte des régulations. Je n’en crois ni mes yeux ni mes oreilles. J’ai beau tenter de plaider ma cause, il pleut, il n’y avait personne, j’étais sur les passages cloutés. Mon agente de la paix ne veut rien entendre. Je me sens comme une criminelle, debout sous la pluie, en attendant qu’elle me dresse mon ticket…
Exaspérée j’ai fini par lui dire que la Ville avait encore besoin d’argent, ce à quoi elle a répondu sans se départir de son air très professionnel que la Ville avait démarré une campagne le jour même pour sensibiliser les piétons aux risques de se faire frapper. On sévit les automobilistes, pourquoi pas les piétons? Donc chers Montréalais et Banlieusards, faites attention, la Ville de Montréal a faim, et elle est aux aguets!
Bon, voila. C’est vrai, j’ai été prise en défaut, mais je persiste à le dire, il n’y avait pas de véhicules sur la route, et il pleuvait. Cette pathétique aventure m’a couté $37 tout rond. La contravention coûte $15, plus $12 de frais, et $10 pour contribuer au fonds des victimes de crimes. Donc $37 en tout.
Ils sont tellement bien organisés, on peut payer son ticket directement à partir du net. Comme ça on sait où passe notre argent. La Ville a payé pour faire monter un système informatique grâce auquel on peut verser dans ses caisses sans se déplacer. Quel joyeux service… Ça sonne la grosse arnaque organisée. Comme vous le voyez je n’ai toujours pas bien avalé la pilule. Il me semble que l’argent que nous versons (par le biais des impôts ou autrement) n’est pas toujours investi aux bons endroits.
J’ai 30 jours pour payer ou pour contester… Je vais payer, parce que c’est vrai, je n’ai pas traversé au bon moment, mais je regrette beaucoup le manque de discernement de cette agente. Un avertissement dans mon cas aurait tout aussi bien pu faire l’affaire. Un sou est un sou et dans ce cas j’ai vraimentl’impression de m’être fait voler, ou arnaquer, tout simplement. C’est un peu la même chose que de se faire verbaliser pour excès de vitesse par un radar de campagne à 4:00 du matin. C’est arrivé à mon beau-frère en France il y a deux ans…
Alors voila. J’économise par tous les moyens, je ne vais pratiquement jamais au restaurant, je ne m’achète pas de folies, je ne couvre pas mes enfants de cadeaux. Je pense écologie et je n’utilise ma voiture que lorsque je n’ai pas le choix; logiquement, on économise quand on n’utilise pas sa voiture, mais pas toujours! Voici la belle exception… Un beau matin un peu pluvieux une agente de la paix m’intercepte et me fait cracher les quelques dollars que je ne dépense pas. Il parait que je dois n’en vouloir qu’à moi-même, je n’ai pas respecté la loi. Dans les faits c’est vrai mais ce genre de traitement me donne vraiment envie de me rebeller et de tout faire pour la mériter, cette contravention. Comme ça je n’aurais rien à regretter. $37, c’est un restaurant ou une sortie au cinéma avec mes enfants, c’est presque un plein d’essence, c’est un vêtement, un jeu de wii usagé et des bonbons pour aller avec… en fait, c’est tout dans ma tête sauf de l’argent pour payer une contravention.
Ça fait du bien un blogue, ça permet de s’épancher. Je me sens de mieux en mieux : -) Ça me désole quand même de savoir que tant de gens profitent du système et s’en échappent, quand d’autres comme moi essayent juste de vivre leur vie et se font pénaliser. Une chose est sûre je me rappelerai la leçon… J’ai eu droit à toutes les opinions depuis hier, du « Tu l’as mérité » au « Ce n’est pas juste, un avertissement aurait suffit ». Et vous, qu’en pensez-vous?
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Et beh, la vraiment c’est pas de chance! J’avoue que je jaywalk (c’est tellement francais ce mot) tous les jours, car pour aller à l’université de chez moi c’est le plus cours et le passage piéton n’est pas du tout sur le chemin… M’enfin j’avais déjà entendu la police montréalaise verbaliser ce genre d’infraction, mais ca faisait tellement longtemps que je m’étais dit que c’était une légende urbaine… Faut croire que non.
Je vais faire plus attention maintenant, car la où je traverse il y a par contre beaucoup de trafic et la police y est quasiment tout le temps.