Cet article sort de l’ordinaire des articles habituels de finir-riche, et il est dus à des circonstances particulières. Quand je ne lis pas dans les transports en commun, j’observe les gens autour de moi, je passe le temps tout en laissant mon esprit vagabonder. Hier matin j’ai oublié le cinquième tome d’Harry Potter sur ma table de chevet… Cela voulait dire 1 :30 le matin et 1 :30 le soir à laisser mon esprit errer et à chercher de quoi m’occuper. Je dois dire que s’il y a une seule chose de positif dans tout le voyagement que je fais en ce moment, c’est bien dans le fait que je puisse lire à satiété. Évidemment, me rendre compte de mon oubli une fois dans le bus ne m’a pas mise de bonne humeur, mais cela m’a permis d’ouvrir, ou de ré-ouvrir, les yeux sur le monde qui m’entoure.
À la sortie du métro j’ai rencontré quelques jeunes qui trainaient sans but apparent, accompagnés de leurs chiens. Ils s’apprêtaient probablement à s’installer pour quêter. On ne les voit jamais en banlieue, et j’avais oublié l’impression d’abandon et de négligence qui les accompagne. La plupart d’entre eux avaient des tatouages plus ou moins réussis, sur des régions du corps qui quelques fois dépassent l’entendement. Sur les joues, le cou, derrière les oreilles, sur les mollets, les coudes… Il ne faisait pas si chaud hier et je soupçonne qu’il y avait bien plus de tatouages qu’on ne pouvait en voir. Je ne mentionne même pas les piercings.
Si j’avais eu mon livre avec moi il est très probable que je ne les aurais jamais remarqués… il m’arrive quelques fois de lire tout en marchant, si je suis très absorbée dans mon histoire; ce matin là cependant ils ont eu droit à toute mon attention. C’est alors que je me suis dit, « comment peut-on laisser des jeunes dériver ainsi, certains sont probablement encore mineurs, quel avenir ont-ils?! »
Je n’ai aucune idée d’où ils venaient, à quel type de milieu social ils appartiennent bien que la majorité soit certainement issue d’un milieu clairement défavorisé et dysfonctionnel. Ce que je sais est que j’ai moi-même deux enfants. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à eux, qui sont encore si jeunes, et de me dire que je préférerais mourir que de les voir un jour échouer ainsi sur un bord de trottoir. Ces jeunes voient leur vie défiler, en spectateur, sans jamais y participer activement à part pour contribuer davantage à la détruire. Au bout du compte ce n’est pas une question d’argent, de moyens financiers. Ils ont manqué très tôt de plusieurs éléments cruciaux qui, s’ils avaient été à leur disposition, les auraient sans doute empêchés de tomber dans une telle déchéance.
J’ai fait quelques petites recherches sur le net, une habitude dans laquelle j’aime me réfugier, et je suis tombée sur un article qui décrit la liste des éléments que les parents devraient offrir à leurs enfants afin de leur constituer un bagage solide qui les accompagnera tout au long de leur vie. Cette liste a été montée par Peter White, un conseiller en questions familiales et a été repris sur The Wealth Report, un blogue qui se spécialise dans les façons de vivre des gens particulièrement riches. Ironiquement elle est sensée être adressée aux parents de famille riches, qui ont souvent des problèmes avec leur progéniture dus à l’abondance de richesse. Comme quoi l’argent ne fait pas le bonheur. Il y contribue cependant, c’est une arme à double tranchant.
Cette liste est traduite de l’anglais, elle comporte dix éléments. Peter White reconnaît que, comme toutes ces listes, elle est à la fois «incomplète et trop détaillée. » mais elle constitue un bel effort de ce que les parents devraient fournir à leur progéniture dès la naissance et tout au long de leur jeunesse.
- Les soins de base – nourriture, vêtements, toit, soins médicaux, éducation.
- Démonstration d’affection – Pour un enfant cela signifie « la grande personne qui prend soin de moi, en s’ouvrant à moi et en me permettant de me connecter physiquement et mentalement à elle, me permet d’affirmer ainsi ma présence comme une personne. »
- Le soutien – Il s’agit fondamentalement d’exprimer un support inconditionnel à son enfant : «Tu veux être coiffeur, médecin ou astronaute – tu peux y arriver! »
- Établir des limites – M. White dit que « nous vivons à une époque où l’absence de limites claires pour les enfants est un vrai fléau. » Tout leur est permis. Il n’y a plus de notion de bien et de mal
- Guider – Exprimer et montrer aux jeunes comment faire face, comment créer, comment réussir. L’orientation implique des techniques de « Comment faire » que ce soit la vaisselle ou apprendre à conduire; elle se base aussi sur les croyances – la croyance voulant dire ‘action motivée et encadrée par des valeurs détenues par les parents. Nos enfants sont nos clones. Ils nous respectent par défaut et vous représentez leur premier mentor et protecteur
- Le respect – Prendre le temps d’écouter son enfant, ce qu’il a à dire; respecter son opinion
- La confiance – En d’autres termes, ne pas hésiter à « encourager ses enfants à agir de manière responsable», et même leur permettre la possibilité de ne pas faire les bons choix. Mieux vaut se tromper quand on est entouré de gens de confiance!
- Le pardon – ici on ne parle pas du terme utilisé à outrance « Je te pardonne. » à tel point que celui-ci a perdu sa réelle signification. « Le pardon n’efface pas le mal; on ressent la douleur, mais on décide de passer outre et de poursuivre la relation malgré la blessure. »
- La religion ou la spiritualité – Les enfants élevés dans un environnement religieux tendent à être plus en contact avec eux-mêmes que ceux qui ne le sont pas.
- Laisser faire – Ce point est le plus difficile. Nos enfants doivent vivre leur propre vie, nous ne pouvons pas le faire à leur place. Nous devons éventuellement leur dire « J’ai fait ma part; je suis là et sera là pour toi aussi longtemps qu’il le faudra, mais c’est à toi de vivre et d’assumer ta vie. »
Voici donc les dix éléments non financiers que l’on devrait laisser en héritage à ses enfants. Avec cette série de règles simples et qui viennent du cœur, nos enfants devraient voir venir l’avenir d’un œil heureux; ils ne devraient certainement pas se retrouver sur un bout de trottoir à l’aube de leur vie, sans avenir et sans illusions. Bien sûr cela peut quand même arriver, on n’est pas à l’abri des circonstances et des choix de chacun. Une chose est sûre, je ferais mon possible pour supporter mes enfants dans tous leurs projets, autant psychologiquement qu’autrement, sans leur rendre la vie facile pour autant.
Armer ses enfants pour l’avenir ne veut pas simplement dire leur assurer un avenir financier sans soucis; en fait, un enfant issu d’un milieu pauvre mais équilibré s’en sortira certainement mieux qu’un enfant pauvre, ou riche, issu d’un milieu familial déséquilibré ou inexistant. La clef est dans la recette. Apprendre à son enfant à pêcher ses propres poissons dès son plus jeune âge devrait lui donner les outils nécessaires pour qu’il soit autonome et responsable tôt dans leur vie. Au moins, en tant que parents, nous aurons fait ce qu’il faut pour les outiller en conséquence.
Et vous, avez-vous une opinion sur le sujet?
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Tellement logique et tellement compliqué à mettre en pratique (surtout 4 et 10 )
surtout avec un pré-ado !!!!