Par ces temps de grosses dépenses pour moi je pense qu’un petit billet sur la frugalité a ses raisons d’être. Ce matin encore, je parlais avec une de mes collègues dans la cuisine commune du bureau où je suis en mandat en ce moment. Au fil du temps j’ai pu constater que la cuisine est un point de ralliement le matin, et encore plus maintenant qu’il n’est plus permis de fumer dans des endroits publics. On y fait de nouvelles connaissances, c’est un excellent point de départ pour socialiser quand on est nouveau sur un mandat. Le café n’étant pas gratuit, j’ai tout simplement changé mes habitudes et je suis passée au thé. Ma collègue ne faisait que passer pour déposer son lunch dans le frigidaire, et s’est arrêtée pour discuter deux minutes pendant que je faisais chauffer de l’eau. J’amène mes propres sachets de la maison, les sachets pyramides de Lipton, et je prends cinq minutes chaque matin pour le préparer. J’amène aussi mes propres barres de céréales que je mange à mon bureau.
Cette collègue est enceinte est me disait que sa petite gâterie ces derniers mois est un café au lait presque tous les matins. Elle adopté cette nouvelle habitude dans son train-train quotidien. Tout en discutant, elle s’est rendue compte que son petit plaisir quotidien lui coûte environ $15 par semaine, soit $60 par mois. Pourtant la conversation était partie sur le style: «J’ai bien droit à mon petit plaisir régulier, je me sens bien avec mon petit café au lait matinal. Ce n’est pas comme si je me ruinais. »
On part souvent du principe qu’on économise vraiment sur les gros montants, pas sur les petits. Je devrais en savoir quelque chose… Cette année le toit me coûte $7,400; l’aspirateur central $600, l’insert $3,400; la pénalité à payer pour transférer mon hypothèque revient à quelques $2,100 (et encore, il faut que je défende mon point sinon le montant sera de presque $3,000, je n’ai pas dit mon dernier mot), les taxes de la maison, mal calculées, sont revenues à presque $1,000 qui n’étaient pas planifiées, les vacances cet été à un peu plus de $1,000… Oui, je devrais savoir ce que cela veut dire, un « gros » montant, cette année plus que toutes autres…
À cet argument qui dit qu’on économise vraiment que sur les gros montants, je répondrais plutôt ceci :
C’est vrai, c’est important d’économiser de l’argent sur les gros montants. D’ailleurs le jour est encore loin où l’on me surprendra à acheter de nouveau une voiture neuve. En fait chaque fois que l’on achète un article qui coûte cher la possibilité d’économiser dessus est évidemment plus grande. Pourtant, même avec un gros rabais il faut tout de même prendre garde à ne pas acheter plus que l’on ne peut se le permettre. Quel que soit le montant, il faut toujours s’assurer d’obtenir le meilleur prix que l’on peut. Cela ne vous est pas déjà arrivé d’entendre un de vos amis vous dire « Avec le rabais j’économise $500! » en parlant d’un cinéma maison haut de gamme qui en coûte $5,000 et que de toute façon il ne pouvait pas s’offrir? On a l’impression de faire une bonne affaire mais en fin de compte, si on ne peut pas s’offrir un cadeau trop gros pour soi, on devrait simplement s’abstenir, rabais ou pas. Cet argument est aussi valide pour les très grosses dépenses, comme les maisons. Vous ne connaissez personne qui a acheté une maison trop grande pour leurs moyens?
Les transactions importantes sont de plus assez rares. Dans mon cas il s’agit d’une situation plutôt exceptionnelle, et qui me rapportera sur le long terme. Toutes les dépenses que j’ai faites pour la maison sont indispensables et je les considére comme un investissement; de plus j’ai voulu profiter du crédit d’impôt à la rénovation. Avec mon transfert d’hypothèque je compte rembourser mon prêt encore plus rapidement. La seule gâterie vraiment était les vacances, et j’ai bénéficié d’un superbe rabais parce que je suis partie en fin de saison. Avec le recul, je peux dire que ces dépenses étaient justifiées et raisonnables; je ne ressens pas de remords dus à un achat hâtif et non planifié. Cependant sur une année typique, combien de fois dépense-t-on plus de $300 à la fois? C’est assez rare. On a donc plus de possibilités d’économiser lorsque l’on fait son épicerie. Économiser $0.50 par semaine sur ses achats hebdomadaires semble être sans conséquences mais si on économise $0.50 par semaine de façon soutenue, le montant économisé s’élève à $26 sur une année. Si on combine toutes les petites économies de $0.50 ici et là, cela fait au bout du compte une réelle différence. Les petits montants économisés sans vraiment y prendre garde font en fait une grosse différence sur le long terme.
Pourtant être frugal ne veut pas dire que l’on est radin ou que l’on se prive. Si je ramène mes propres sachets de thé de chez moi, je dois dire que j’en profite pleinement. Cela me permet de choisir ma propre sorte de thé au lieu de payer pour un café standard qui n’est pas dans mes goûts de toute façon. J’ai moi aussi développé ma propre petite routine tous les matins et j’en profite tout autant, à la différence près que ma boîte de 20 sachets de coûte environ $4. Je dépense donc $4 par mois contre $60, ça laisse à réfléchir. En d’autres termes, il ne faut pas se sentir restreint, ce n’est pas le but de la frugalité. Si vous vous sentez mal avec l’idée d’économiser pour économiser cela veut tout simplement dire que vous ne devriez pas vous l’imposer. C’est normal de dépenser plus pour sa marque préférée de yaourt; en effet, pourquoi acheter une marque que vous n’aimez pas simplement parce qu’elle est moins chère? C’est normal de se choisir un morceau particulièrement couteux de viande et de ne pas toujours aller pour le steak haché. Personnellement j’achète régulièrement du filet mignon. C’est juste bon! Et puis ne vous forcez pas à aller dans les Dollarama si vous n’aimez pas ça.
La frugalité ne signifie pas que l’on vit dans la pauvreté ou la déprivation volontaire. C’est un style de vie, un choix de vie qui se fait au fil du temps. La frugalité, c’est choisir de tirer le meilleur parti de son argent, de concentrer son attention sur les montants que l’on débourse quotidiennement, de reconnaître le fait que les économies résident aussi dans les petits montants.
Ce matin, ma collègue est repartie perplexe à son bureau. Pourtant je ne lui ai rien dit en particulier. Je n’ai pas émis de jugement, nous avons simplement fait le calcul ensemble, rapidement et sans que ce ne soit prémédité. Elle s’est simplement rendue compte que $60 par mois était somme toute un montant important. L’avenir nous dira si cette conversation innocente autour d’une bouilloire portera ses fruits ; -)
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Eh oui, sur des petites dépenses qui ont l’air banales, à la longue, elles peuvent devenir envahissantes.
Ici, pour 10$ (en spécial, mais sinon pour 20$) j’ai acheté une belle cafetière à tasse unique pour mon doux qui travaille dans un bureau. Il apporte le café aromatisé ou non du moment et se fait plaisir. Là où il travaille présentement, ca lui coûte près de 75 cents pour un quart de sa tasse ! Alors pour un café raisonnable, il doit au minimum allonger 1,50$.
Depuis qu’il a commencé son nouveau mandat, ses nouveaux collègues ont choisi de l’imiter. Chacun apporte sa tasse et son café et utilisent sa mini cafetière !
Sinon, je lui envoie toujours des tisanes dans son sac à lunch (oui, il est gâté
). Si jamais il en a besoin, elles sont disponibles. Et, bien entendu, son lunch est prêt, mais comprend également quelques collations (fruits, barres tendres) qui sauront combler sa fringale s’il en a une.
Parfois mon conjoint va s’acheter quelque chose à la machine distributrice, mais c’est si rare. Et le prix est décourageant en soi.