Introspection et entreprenariat: La définition de « Partir à son compte » par Val

Cet article sera court, nécessité oblige, mais je n’aurais pas pu passer la journée sans publier quelque chose, donner un signe de vie. Mon blogue me manque vraiment. Quelques fois je me surprends, en plein milieu d’une séance de travail, à penser à un sujet d’article, à penser à vous, à me dire que travailler, donc gagner de l’argent est une chose, mais ce n’est pas vivre; ce n’est certainement pas vivre quand on travaille vraiment tout le temps.

Voici donc la nouvelle de la semaine qui a inspiré cet article: Vendredi dernier je me suis fais offrir un emploi permanent chez mon client. C’est évidemment un signe qu’ils apprécient beaucoup ce que je fais dans le cadre du projet, mais ça montre également que la facture commence a être trop élevée pour eux. Je dois honnêtement dire que j’ai été prise de court, je ne m’attendais pas à une telle proposition. Mon contrat termine comme prévu fin juin et ils voudraient évidemment garder les connaissances que j’ai acquises au sein de leur groupe. Je comprends tout à fait, et dans leur cas j’aurais probablement fait la même chose. C’est la chose logique à faire.

Pourtant, je me suis également surprise à réaliser que la perspective de redevenir permanente, donc salariée, m’effrayait carrément. Le terme est fort, je sais, mais c’est vraiment à ce moment là que j’ai réalisé, au moins en partie, tous les avantages qui viennent avec le fait d’être à son compte. L’indépendance, la liberté, savoir qu’après un contrat j’ai le choix (ou la nécessité) de me reposer. Le changement aussi, le besoin de repartir à neuf, d’apprendre de nouvelles choses, de rencontrer de nouvelles personnes, le plaisir aussi de ne pas toujours se rendre à la même adresse de bureau le matin… Bref, de petites choses plus ou moins insignifiantes mais qui sont pourtant très importantes pour moi. Aussi, très, très important, je n’ai plus à subir les affreuses évaluations d’employés aux 6 ou 12 mois. Vous savez, ces évaluations que vous finissez par rédiger vous-même parce que votre supérieur n’a juste pas le temps de s’en occuper. Ces évaluations sur lesquelles il faut faire sa propre introspection, et se trouver assez de points négatifs pour que votre supérieur justifie que votre augmentation de salaire cette année ne peut pas dépasser les 2.5%. Quand on est à son compte ces considérations n’ont pas lieu d’être. Il n’y a pas d’évaluations, il n’y a pas d’augmentations, il suffit juste de négocier son taux horaire à la signature du contrat.

Je me sens mercenaire, je me sens libre et je ne l’ai jamais ressenti aussi fortement que lorsque, ce vendredi matin, on m’a prise de côté et on m’a demandé implicitement si je voulais « appartenir ». Honnêtement Non, je ne veux pas appartenir à un groupe, et je ne veux pas non plus que l’on m’appartienne. Exprimer ma pensée par contre devant ces paires d’yeux attentives, a été beaucoup plus compliquée à faire. Disons que je me suis sentie observée de très près. Bien sûr, je suis flattée, il s’agit là d’un excellente compagnie, très en vue et ils ont même de vrais bonus de plus de $10,000 par année au moins (basés sur votre performance et évaluation annuelles, bien sûr), un plan de pension, des assurances vraiment excellentes, des avantages sociaux, etc, etc… Ils ont pu voir que j’étais surprise par leur offre, et ont compris assez rapidement par mon attitude que leur proposition n’était pas ce que j’avais dans ma ligne de mire. Dire « non », refuser une offre, est toujours une chose délicate à faire. L’idée est de ne pas claquer la porte mais de la fermer sans bruit, ou en tout cas d’essayer de le faire.

Être à son compte m’a appris un certain nombre de choses, et cela se résume vraiment rapidement dans mon cas. Cela m’a appris l’importance de la poursuite de mes rêves.

Lorsque l’on poursuit ses rêves, on vit vraiment. On vit à fond, on vit à 100%. Quand j’ai divorcé une partie de mes rêves s’est écroulée: La vie en famille, l’harmonie de couple, la complicité, le dépassement de soi par le biais de l’autre, et d’autres encore. C’est une étape que j’ai du franchir, mais j’ai aussi réalisé que je n’avais jamais vu mon mariage comme une fin, comme un aboutissement, mais plutôt comme un complément. J’avais en parallèle tout un autre set de rêves que mon ex n’a jamais pu atteindre, donc détruire. Quand on poursuit ses rêves la vie n’en est que beaucoup plus intéressante, captivante. On peut travailler pendant de longues heures de façon acharnée, et on peut tout aussi bien ne pas réussir mais au bout du compte j’aurais vécu, vraiment et à fond. Je ne me vois pas accepter un travail à salaire maintenant parce que tout va bien dans ma vie, pourtant rien ne m’empêche de rechercher un emploi plus tard, si je ne trouve vraiment plus rien, et après avoir vidé mon fonds de compagnie. Pour le moment vraiment, je n’ai aucune raison de me presser dans ce sens. J’aurais pu accepter par plaisir, parce que ce client est vraiment sympathique et que le travail est intéressant et même passionnant, mais ma liberté est trop importante à mes yeux. Ce n’aurait pas été un choix de nécessité. Je n’ai pas besoin d’un salaire en ce moment, cette perspective me couperait les ailes, vraiment.

Quand on est à son compte et que l’on s’appelle Val, on se réveille très heureux de commencer la journée. On se réveille avec des défis plein la tête. Parfois (surtout en ce moment), on se réveille épuisée. Mais cela vaut toujours la peine, même si on doute quand même toujours un peu de soi. Ça rajoute du piquant! : -)

Être à mon compte m’a appris à persévérer quand les choses se corsent, à m’adapter dans des situations changeantes et quelques fois éprouvantes, à trouver des solutions à des problèmes qui paraissent insolvables, à travailler seule, et aussi quelques fois en groupe. La plus grosse différence est qu’au bout du compte je sais que je suis toujours seule face à mes décisions, face à mes choix. Mais quand on y pense c’est la même chose pour tout le monde. Chacun est seul devant ses choix. Peut-être qu’en fait la différence dans mon cas est que, face à mes choix il n’y a qu’une seule personne à blâmer si je ne réussis pas, c’est moi. J’assume. J’ai passé 40 ans et je me trouve enfin, ce n’est pas si mal de vieillir lol. Être à mon compte m’a appris à me concentrer sur les choses auxquelles je crois, même si ces choses ne sont pas toujours celles auxquelles les autres sont intéressés, et même si ces choses ne correspondent pas à la façon « normale » de procéder.

Il fallait que ça sorte : -) Je n’essaye pas de vous convaincre de partir votre propre compagnie et de vous mettre à votre compte, loin de là. Votre rêve pourrait être ailleurs, Ça peut être de voyager de part le monde, de vous recycler, de commencer une famille ou encore n’importe qu’elle combinaison de choses que vous aimez faire. Le message important dans tout cela est que vous devez y croire, y mettre l’effort, et persister. Si les trois ingrédients principaux sont là, vous finirez par y arriver. Et ce qui est plus important peut-être encore dans tout ça, c’est tout ce que vous apprendrez sur vous et les autres en chemin.

Parlez moi d’une évaluation personnelle! lol

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15 thoughts on “Introspection et entreprenariat: La définition de « Partir à son compte » par Val”

  1. Lynda dit :

    Bonjour Val,

    Je vais attendre ton article avec impatience! comme tu dis, je ne veux pas sauter sans filet, c’est pour cela que je veux bien me préparer, j’ai deux enfants de 10 et 6 ans et un conjoint qui est à son compte donc, le salaire stable c’est moi qui l’a mais je suis sûre que l’on peut vivre autrement, oui probablement en étant frugale, choisir nos priorités mais je suis sûre que c’est possible… je suis effectivement arrivée à un carrefour et je ne veux plus survivre à cette vie mais bien la vivre pleinement, moi qui était si positive! je ne veux pas perdre cette joie en moi…
    Merci encore!
    Lynda

  2. Val dit :

    Bravo Lynda, pour ta perte de poids! Moi aussi mon objectif suit son cours; j’ai perdu moins que toi, presque 3 kilos dans mon cas, en 7 semaines. Je suis satisfaite, je suis bien enlignée pour perdre mon surplus comme prévu pour juin. Et moi aussi je dois m’organiser avec les « attaques de sucre » 🙂 J’adore ça et au bureau on ne se gène pas pour me faire plaisir!

    Quant à la raison principale de ton commentaire… Il me semble que tu es arrivée à un carrefour de ta vie. Je suis passée par là aussi, et je suis très heureuse d’avoir agi au lieu d’avoir pris la décision la plus simple qui se présentait naturellement devant moi, c’est-à-dire ne rien faire, rester dans mon petit confort. Malheureuse mais confortable, au moins matériellement: C’est un peu l’enfer au quotidien.. Le pire qui pourrait m’arriver (je parle pour moi seulement), est de « subir ma vie », vivre « petit » dans la peur de vivre à fond… On n’a qu’une vie, autant la vivre du mieux que l’on peut! Mais comme tu le dis, il faut préparer son nouveau départ très soigneusement. Pas question de sauter sans filet, surtout si on a des enfants! Le sujet de ton commentaire mérite plus d’exposition qu’il ne l’aurait si j’y réponds ici. Je vais donc y répondre dans un article. Je n’ai pas les enfants cette semaine qui vient, c’est la relâche, je vais donc te répondre dans le courant de la semaine 🙂

  3. Lynda dit :

    Bonjour Val,
    Comment vas-tu, la perte de poids semble bien aller! pour ma part et bien moi aussi, j’ai perdu jusqu’à maintenant 4.5 kilos! j’en suis très fière..toutefois avec mes envies de sucre… c’est un défi de tous les jours hihihi!

    Je t’écris sur un ancien post qui est venu me chercher, je suis en grande période de réflexion concernant mes objectifs personnels versus professionnels.. je suis en informatique dans un grand centre hospitalier, oui il y a la sécurité d’emploi, fond de pension… mais depuis un bon bout de temps… il me prend des envies de faire autre chose, me réorienter..travailler selon mes horaires en tenant compte de mes deux enfants… je pense à prendre un congé, toutefois je sais qu’il faut bien se préparer, as-tu des conseils ou peut-être as-tu des lecteurs qui ont changé complètement leur vie en partant d’une sécurité d’emploi et en se réorientant…peut-être en vivant avec un peu moins mais plus heureux?

    Lynda

  4. pierre@argent dit :

    Hello et merci !

    C’était très intéressant à lire et c’est rare de croiser une personne aussi passsionnée par ce qu’elle fait ! C’est toujours très agréable à lire et on en apprend toujours plus !

    Amicalement;
    Pierre

  5. Val dit :

    Merci Réjean 🙂 Tu as raison, je sais que je suis chanceuse et j’en profite à chaque instant de ma vie! Au plaisir de partager avec toi de nouveau 🙂

  6. Val dit :

    Wow, Merci Philippe pour le feedback et les liens, je suis très intéressée! Généralement les PA (Personal Assistants) gèrent la paperasse donc c’est sûr, si tu n’en as que très peu ça ne vaut pas vraiment le coup. Quand même, c’est un sujet à creuser. Merci!

  7. Val dit :

    @Mathieu Lajoie: Mes projets à la fin de mon contrat? En fait j’y planche depuis un bout de temps déjà: c’est de me trouver un nouveau contrat, bien sûr 🙂 Tant que l’eau arrive au moulin et que la roue tourne le meunier peut dormir tranquille. Encore que là, « dormir » est vraiment à prendre au sens figuré. Dormir pour moi correspond plus à un souhait ou à un rêve qu’autre chose en ce moment lol.

    Pour répondre à ta question, Oui, absolument, je suis sûre que l’on peut faire les deux. On peut très bien travailler de jour et avoir un revenu passif par la bande sur une vie parallèle. Moi aussi je suis en réflexion, cela fait même des années que je le suis, que je cherche, que je fouille. Je ne pense pas être loin du but d’ailleurs. Tiens, quand j’étais en maternité j’étais tellement désespérée de me trouver une autre source de revenu que mon maigre chômage (mon ex avait décidé qu’il ne travaillerait pas non plus quand j’étais moi-même en arrêt de travail?!) que j’étais devenue, par la force des choses, scalper virtuel. Je vendais des billets de concert surtout, par le biais de eBay. J’étais même devenue Power Seller! Cependant je le faisais par nécessité et non pas goût. J’ai rencontré beaucoup de scalpers qui faisaient cela pour arrondir leur fin de mois. Dès que j’ai réussi à trouver un emploi stable j’ai raccroché les gants… Exploiter les autres n’est vraiment pas mon truc. J’ai fait ce que je devais faire pour pouvoir manger, payer mes factures mais j’en suis sortie dès que j’ai pu. D’autres continuent. Ce n’est pas tout le monde qui a des scrupules 🙂

    Il y a plein d’alternatives. Je regarde l’affiliation en ce moment. Il y a des produits qui se vendent bien et qui rapportent un revenu de façon assez passive. C’est moins risqué que la bourse… Il est possible que j’écrive un article sur le sujet très prochainement. Surtout, ne lâche pas! La réflexion est saine, et peut rapporter beaucoup! 😉

  8. Salut Val!

    WOW…c’est plaisant à lire ce billet. C’est rare quelqu’un qui soit aussi passionné par son travail…son entreprise dans ton cas. Tu fais partie des chanceux.

    Au plaisir!

  9. Val, c’est drôle que tu parles de Tim Ferriss et d’un assistant personnel à distance car j’en cherchais un pas cher justement.

    J’ai essayé http://www.fancyhands.com/ mais après l’avoir utilisé pendant une semaine à NYC, je ne sais toujours pas ce que je pourrais déléguer qui pourrait accélérer les choses.

    J’essaie de lire sur les CONTRE aussi d’ailleurs il y a un article fort intéressant nommé Why lifestyle design will make you miserable

    http://www.petershallard.com/why-lifestyle-design-will-make-you-miserable/

  10. puisque ta réponse est non, quels sont tes projets à la fin de ton contrat?

    Ayant connu les 2 côtés de la médaille, crois-tu qi’il est possible de faire les deux? Je veux dire être salarié et se bâtir à côté une entreprise… qui là un jour, génère autant de revenu que ton emploi. Une fois atteint, tu peux enfin décider si tu quittes l’emploi en question pour te consacrer à ton business.

    je suis en réflexion c’est temps-ci…..

  11. Val dit :

    @Opus: En fait je pense honnêtement que la sécurité d’emploi n’existe plus depuis longtemps… J’ai vu trop de mes anciens collègues se faire liquider sans plus de préambule qu’il ne fallait. Au bout du compte ils se sont retrouvés au chômage avec la pression de se trouver autre chose rapidement parce que, on est d’accord, le montant alloué aux chômeurs est vraiment très bas comparé à un salaire de travailleur. Vu sous cet optique ma vie changerait peu si je ne pouvais pas me retrouver un contrat rapidement. Je continuerai à me verser un salaire, tout simplement; j’ai de quoi voir venir pendant 12 mois sans changer quoi que ce soit à ma vie actuelle. Le choix de la sécurité ne s’est jamais posé, ce qui m’a fait prendre des précautions est le besoin que j’ai ressenti de ne pas offenser mon client, qui pensait certainement que j’allais sauter sur l’occasion.

    J’aime le parallèle en tout cas entre nos deux vies 🙂 Je n’ai jamais été fonctionnaire, c’est sans doute pour cela que je n’ai jamais trouvé une sécurité d’emploi, sauf que je ne m’en étais jamais vraiment rendue compte. En fait, étant donné nos expériences respectives je pense que cela prend plus de courage de faire ce que vous avez fait, que moi. Merci pour les bons voeux! 🙂

    @Johanne! Quel plaisir de te lire ici 🙂 En trois mois beaucoup de choses peuvent arriver, et si tu cogites autant tu vas bien finir par trouver! Je te souhaite tout le meilleur, et au plaisir de papoter de nouveau ensemble bientôt!

  12. Johanne Claveau dit :

    Belle évaluation Val.

    Je suis une salariée et je comprends très bien se sentiment de liberté que tu as en tant que travailleuse autonome. Toutefois, cela prend du courage pour tout larguer…Il me reste trois mois à cogiter sur ce sujet. Lâche pas!!!

    Johanne

  13. Opus dit :

    Cela n’a pas dû être facile de refuser la sécurité d’emploi surtout en tant que mère monoparentale. Il faut pourtant écouter son coeur et y aller selon ses convictions.

    J’ai été fonctionnaire malheureuse avec un gros salaire et je suis depuis quelques années travailleuse autonome, mais avec moins d’argent et pas de sécurité. Je préfère et de loin ma vie actuelle et je ne retournerais jamais en arrière. Je vais peut-être devoir travailler plus longtemps mais cela me convient car j’aime ce que je fais.

    Auparavant, je comptais mes années jusqu’à la retraite, maintenant je n’y pense même plus. Être travailleur autonome c’est un état d’esprit, on se sent libre, en charge, responsable et je comprends très bien qu’accepter aurait été l’équivalent de vous couper les ailes.

    Je salue le courage de cette décision pas vraiment évidente. Bon vol!

  14. Val dit :

    Oui, et d’après ce que je vois Philippe, tu as l’air d’être très occupé et d’avoir pas mal de projets 🙂 Dis, comment en es-tu venu à avoir l’aide d’un orienteur? Est-ce parce que tu fais des études en plus de tout le reste?

    Malheureusement le nombre d’heures dans une journée est limité et malgré toutes les idées que l’on peut avoir on est quand même freiné par notre capacité d’en prendre. C’est ce qui me frustre le plus. La solution est de se trouver une personne de confiance, un « personnal assistant » à distance, comme ce que Tim Ferriss de la semaine de 4 heures recommande d’ailleurs. Mais bon, on arrive sur un autre défi. Il faut savoir déléguer, et surtout faire confiance à quelqu’un que l’on ne connait pas. Je ne suis pas encore rendue là 🙂

  15. Très intéressant comme article! Je me pose la grande question à chaque jour. J’ai l’aide d’un orienteur. Je crois que, comme plusieurs personnes, je vais travailler pour une compagnie la semaine et travailler sur mes projets les soirs et les fins de semaine.

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