Nous allons consacrer l’article d’aujourd’hui à une petite leçon d’économie; après tout il est bon de comprendre ce que l’on vit.
C’est la crise, et nous avons été bombardés par les termes Inflation, Intérêt, Taux Directeur et Déflation tout au long des derniers mois. Autant savoir ce qu’ils signifient, comment ils interagissent entre eux et ce que cela veut dire pour nous. C’est vrai, avec cette crise on se sent assez spectateurs de ce qui nous arrive, à moins d’en être la victime (en ayant perdu, ou en étant sur le point de perdre son emploi par exemple). Pourtant nous sommes aussi les acteurs, nous sommes au premier plan de cette crise. De nos actions dépend comment l’économie se comporte, et le gouvernement influence ces actions pour gérer l’économie. Nous sommes en fin de compte des marionnettes, c’est une belle image, vous ne trouvez pas? ; -)
Je vous présente donc ici une brève définition de chacun de ces termes. Rentrons un peu dans les rouages de l’économie.
L’inflation
L’inflation est basée sur le bon vieux principe de l’offre et de la demande. Plus il y a d’argent sur le marché pour acheter, et plus les prix montent. S’il y a plus d’articles à acheter que d’argent, les prix baissent. L’inflation est la mesure de l’évolution des prix.
L’intérêt, le taux directeur et l’inflation
Comment fonctionne l’intérêt? Plus les intérêts baissent et moins il en coûte d’emprunter de l’argent afin d’acheter ce qu’on veut. À l’inverse, plus les taux montent et plus l’argent coûte cher, plus il est difficile d’emprunter.
Le taux d’intérêt revient à estimer le coût de l’argent.
La banque centrale influence les taux d’intérêt en fixant le taux directeur. Ce taux est celui qui est utilisé par les banques pour se prêter des fonds. Lorsque la banque centrale augmente le taux directeur, l’argent coûte plus cher. Moins il y a d’argent disponible, plus les prix baissent. C’est la raison pour laquelle les taux d’intérêt élevés conduisent à une baisse de l’inflation.
Bien sûr, si la banque centrale décide d’augmenter les taux d’intérêt pour lutter contre l’inflation, cela signifie un ralentissement de l’économie.
Nous savons tous, en temps que consommateur moyen, que si les taux augmentent, ce n’est pas bon pour les emprunteurs. Cela coûte plus cher de rembourses ses dettes. Par contre, les épargnants sont contents car l’argent qu’ils ont placé prend de la valeur.
Dans le temps de crise où nous sommes, nous assistons à un scénario diamétralement opposé. Le coût de l’argent a baissé dramatiquement au cours des derniers mois. En avril 2009, la Banque du Canada, a abaissé son taux directeur à 0.25 %, le taux le plus bas de son histoire, ceci bien sûr dans le but de relancer l’économie. L’argent devient donc plus disponible car son prix baisse. Les gens sont enclins à emprunter car les taux sont très bas, et à dépenser plutôt qu’à épargner. Nous assistons d’ailleurs en ce moment à une recrudescence des achats de maisons, car les taux hypothécaires sont à des bas historiques.
Chaque année depuis 2000, la Banque du Canada peut changer le taux directeur à des dates pré-spécifiées. Elle dispose de huit dates fixes pour cette annonce, ce qui a un impact direct sur la politique monétaire du pays. Bien sûr, elle se réserve le droit dans des conditions extrêmes de changer les dates pré-établies, privilège qu’elle a utilisé cette année. Vous pouvez consulter sur le site de la Banque du Canada l’évolution du taux directeur depuis Janvier 2008.
Un des objectifs de la Banque du Canada est de maintenir le taux d’inflation entre 1 – 3% (appelé la fourchette cible), avec une cible optimale de 2%.
La déflation
Avec la crise, les consommateurs ont eu l’opportunité d’être confrontés à un autre phénomène économique, la déflation. La déflation est bien sûr l’opposé de l’inflation dans le sens où on assiste alors à une baisse prolongée des prix de vente des objets de première consommation et des services. Si vous vous rappelez, nous en avons été avertis plusieurs fois en début d’année pendant les nouvelles. Le réflexe du consommateur face à la baisse de prix est d’attendre de voir si le prix va baisser davantage. Le risque avec ceci est que le consommateur n’achète plus, il ne participe donc pas à relancer l’économie, les boutiques ferment car elles ne font plus d’argent, elles licencient donc leurs employés, qui se retrouvent au chômage (financé par l’état) et qui n’ont pas d’argent pour acheter. C’est un cercle vicieux, un feu roulant que le gouvernement tente donc de bloquer ou d’inverser car sinon on tombe dans une spirale déflationniste.
Il semble que cette tendance ait été bloquée dans cette région du globe. Le Canada réagit très bien à la crise pour le moment, et on ne parle plus de déflation même si il y a eu une crainte dans ce sens dans le premier trimestre de 2009. Par contre il y a des craintes que le Japon, la deuxième puissance économique au monde, entre dans une telle spirale. L’article cité date de fin juin 2009, et les prix au Japon ont chuté en juin 2009 de 6.6%, ce qui est énorme. Étant donné que l’économie est mondiale, je dirais que nous ne sommes certainement pas à l’abri, quoi qu’on veuille bien nous faire croire. Je reste aux aguets. Une chose est sûre, nous ne sommes pas sorti du bois.
J’espère que cette petite leçon vous a plu. Si vous avez des questions et désirez en apprendre plus sur les bases de l’économie, ne vous gênez pas : -) Je trouve le sujet intéressant, même si quelques fois ardu ou franchement ennuyeux. Tout dépend de la façon dont il est présenté
Popularity: 9% [?]
Billets qui peuvent aussi vous intéresser:
- Réponse au lecteur: Achat de maison – Taux Fixe ou Variable?
- Économiser sur ses entrées d’argent? Pour quoi faire?
- Petite leçon: À quoi ressemble votre tasse de café?
- Endettement des ménages Canadiens: Une tendance inquiétante
- Dossier Money Sense: La richesse des ménages Canadiens












Merci Val pour cet article très utile! Ça m’a rappelé mon cours (obligatoire) d’économique du cégep… c’était loin (considérant que je n’étais pas très attentive, c’était très loin!
Par contre, la situation économique me stresse beaucoup, même si en un sens elle est à mon avantage car mes dettes me coûtent moins cher en ce qui a trait à ma marge de crédit. C’est peut-être parce que je comprend sans pouvoir intégrer ce qui se passe, ni anticiper les conséquences possibles…
Que j’ai donc hâte que les choses rentrent dans l’ordre!!!