Ce billet se veut une réponse aux gens qui me contactent parce qu’ils sont endettés, qu’ils veulent s’en sortir, qui savent comment s’y prendre et qui se battent pour y arriver, mais qui parfois arrivent à un stade, un pallier, où ils se sentent épuisés et découragés. La montagne semble trop haute à gravir. Il n’y a rien de pire pour moi que de lire un courriel de la sorte… Je me sens inutile, mes efforts me paraissent vains. Et puis je me dis qu’en fin de compte il doit y avoir beaucoup plus de gens qui pensent les mêmes choses mais qui le gardent pour eux, qui souffrent en silence.
Je me décide donc à écrire un billet pour tous ceux qui sont endettés, qui veulent s’en sortir, qui savent comment faire mais qui sont sur le bord de perdre leur motivation. Sortir de la dette, surtout quand celle-ci parait immense, semble quelques fois être une tâche au dessus de nos forces. On a beau être déterminé, ce n’est pas suffisant. On peut se sentir découragé et penser sérieusement à se laisser aller. Après tout nous sommes humains, c’est d’ailleurs ce facteur qui amène certains d’entre nous à nous endetter en premier lieu. Le découragement n’a peut être rien de très noble, il n’empêche que c’est un sentiment que l’on peut éprouver. Pas de honte à ça, mais il faut l’adresser.
Être endetté n’a rien de très agréable à vivre. On a beau savoir ce qu’il faut faire pour s’en sortir, ce n’est pas toujours facile de garder le cap. En théorie il n’y a rien de compliqué à se sortir des dettes. Il s’agit de mettre en place un plan de remise à flots (les fameux objectifs!) et de le suivre, utiliser la méthode boule de neige et bien sûr dépenser moins que ce que l’on gagne. Cela veut dire arrêter d’acheter à crédit ou d’emprunter à ses amis. On peut aussi accélerer le processus en prenant un deuxième emploi. La théorie est simple, mais la pratique l’est beaucoup mois. Le problème est que dans les faits on a tendance à s’essoufler, à se démotiver. La seule bonne dette qui existe est une dette payée. Tant qu’elle est là, inassouvie, elle consomme non seulement le pouvoir d’achat (vive l’intérêt…) mais aussi l’énergie et la joie de vivre. En général les objectifs de remboursement de dettes de consommation (mis à part l’hypothèque évidemment) ne devraient pas dépasser 3 ans dans le temps car sinon la démotivation et le spectre de l’abandon guettent! C’est encore une fois facile à dire mais 3 ans c’est bien court. Ce n’est pas toujours réaliste de parvenir à éliminer sa dette dans un si court lapse de temps.
Alors quoi faire? Certainement ne pas abandonner!
Donnez-vous du temps, et un deuxième souffle!
Si vous sentez le découragement vous envahir, asseyez-vous et révisez vos objectifs et vos résultats. Vous aurez ainsi le plaisir de constater les progrès que vous avez obtenu jusqu’ici. Quelques fois on a la face tellement proche de l’arbre que l’on ne voit plus la forêt. Vous avez fait du chemin, et probablement beaucoup plus de chemin que vous ne réalisez vraiment avant de ressentir la fatigue. C’est d’ailleurs pour cela que vous êtes fatigué! Félicitez-vous pour le travail accompli. Vous vous rendrez compte que si vous avez réussi à vous rendre jusqu’ici vous pouvez certainement continuer sur votre lancée, et persévérer. Prenez votre deuxième souffle.
Aussi, la clarté et l’accessibilité de vos objectifs vous motiveront à garder le cap. Si vos objectifs étaient trop ambitieux au départ, réalignez les. Faites vous des objectifs plus petits, réalisables selon vos moyens, quitte à en créer un autre une fois que celui ci est rencontré. Pas besoin de culpabiliser, vous pensiez bien faire. Ré-examinez votre budget. Les objectifs ne sont pas gravés dans la pierre, ils peuvent, et doivent, être adaptés. Cela m’est arrivé plusieurs fois de réaligner mes objectifs, ou même d’en laisser de côté. Il vaut mieux s’en rendre compte et rétablir la barre plutôt que de fermer les yeux et s’enfoncer davantage. Acceptez le fait, et regardez devant vous. Une fois que vous avez établi un objectif réalisable, vous resterez encouragé car chaque mois qui passe vous rapproche de la liberté.
Passez au concret
Une belle façon de se motiver est d’afficher vos résultats, même si ce n’est que pour vous. Vous pouvez bien sûr partir un blogue et parlez de vos progrès comme petitesoeur, Mama-Zen, Sarah ou Wonder Lisette. Il s’agit là d’une excellente source de motivation mais je sais que ce n’est pas pour tout le monde. Si vous êtes du genre plus « secret » gardez les pour vous mais n’hésitez pas à en être fier! Écrivez-vous de petits mots motivateurs qui vous disent exactement le chemin parcouru et où vous en êtes rendus. Quelque chose du genre « Au 11 avril 2010, je suis à xx% de mon objectif de remboursement de carte de crédit. Plus que $xxx,xx et à moi les pinas coladas! »
Ça marche vraiment, et pas seulement pour combattre la dette d’ailleurs! Il s’agit de psychologie, tout simplement. Si vous avez décidé de combattre la dette, cela fait de vous un héros, soyez en fier! Plus votre dette diminue, plus votre motivation augmente, alors assurez vous de bien garder toutes vos victoires en tête. Vous pouvez perdre quelques batailles, l’essentiel c’est de gagner la guerre!
Projetez-vous dans un futur sans dettes
Que ferez-vous avec votre argent une fois que vous n’aurez plus rien à rembourser? Cet argent sera alors légalement à vous, et vous serez libre d’en faire ce qu’il vous plaît! Plus d’agence de recouvrement, de coups de téléphone désagréables, plus de sacrifices. Asseyez-vous pendant quelques minutes et imprégnez-vous de ce sentiment. Accueillez cette image dans votre tête et nourrissez-la. Ça va vous donner des ailes! ; -)
Une fois une grosse étape accomplie, gâtez-vous
La dette a beau être une prison, c’est nous qui la construisons. De temps en temps un rayon de soleil peut en éclairer les murs. Si vous atteignez une étape clef, dont vous êtes vraiment fier, faites vous un petit plaisir. Cela n’a d’ailleurs pas besoin de se traduire en dépenses qui pourraient altérer vos résultats, mais vous devriez marquer le coup. Je ne parle pas de ruiner vos efforts des six derniers mois en une soirée mais vous pourriez vous accorder un lunch, ou aller au cinéma, en bref faire quelques chose qui vous plaît. Vous le méritez!
Se libérer de sa dette a des conséquences qui s’étendent bien au delà des considérations financières. Si votre mariage a survécu à cette épreuve (la triste réalité prouve qu’un bon pourcentage des ménages ne survivent pas aux problèmes financiers), il ne pourra qu’aller de mieux en mieux. Vous redeviendrez vous-même, et non ce personnage stressé et maussade qui avait pris possession de votre existence. Votre sommeil et votre niveau de stress iront en s’améliorant également. Votre attitude en général sera beaucoup plus positive, ce qui aura une influence sur votre vie de famille et votre travail. Vous aurez de nouveaux choix de vie, plus d’options se présenteront à vous. Les vacances par exemple, ne seront plus un rêve mais deviendront réalité. Et vous aurez par dessus tout à fierté de vous en être sorti!
Ne lâchez pas, Courage!
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Salut Val,
Félicitations pour cette lettre de motivation : moi aussi j’ai connu des périodes de découragements par rapport à ma dette. Mais je traine sur le net, je lis ton blog et ceux des autres, je pêche des idées à droite à gauche.
Mais je n’ai pas à me débarrasser de la mauvaise habitude de fumer, seulement de la mauvaise habitude de vivre à crédit.
car je vois au jour le jour mes progrès
J’ai adopté ta méthode SMART, et je m’en tiens à trois objectifs : 1) réduire ma dette qui est de 6000 $ 2) Mettre en place un fond d’urgence équivalent à six mois de salaire 3) économiser 12000$ pour faire des petites rénovations dans 5 ans sur ma maison
Pour le moment, je m’en tiens à ces trois seuls objectifs.
Je voudrais dire aux autres qu’il faut commencer petit, et être honnête avec soi-même : on ne change pas du jour au lendemain. J’ai flambé une partie de mes économies de deux ans en quelques semaines à cause d’un voyage. C’est comme arrêter de fumer, y’a des rechutes
Aussi, je trouve que dans ce domaine, la perfection n’existe pas et certains peuvent se décourager à chercher trop la perfection : un dépassement de budget n’est pas si grave si on sait en tirer les leçons pour le mois suivant, entamer la limite de crédit d’une centaine de dollars non plus si on sait que l’on est capable de le rembourser sous moins de deux mois. Avec ces considérations, le régime semble mois draconien et permet de ne pas perdre confiance en soi !
On est arrivé à garder le cap sur notre budget ? Comme tu le signales, on se félicite !
Mon objectif numéro 1 de remboursement de marge de crédit est pour Juin 2012, ça me semble proche et réaliste et c’est ce qui m’encourage.
Grâce à la lecture régulière de ton blog, et d’un bon logiciel de comptabilité personnelle, j’ai fait beaucoup de progrès en deux ans et surtout… J’ADOOOOOORE faire mes comptes