J’ai toujours pensé que mes enfants iraient dans le privé. Cela provient certainement de ma propre
éducation, car au Maroc, c’était la seule option qui s’offrait à mes parents. Une autre des raisons pour laquelle je voulais que mes enfants aillent dans le privé est que je voulais pouvoir choisir la langue de leur enseignement. N’étant pas née au Québec, je n’ai aucun choix de part la loi que d’envoyer mes enfants à l’école publique francophone. Impossible pour moi de choisir l’école publique anglophone, même si les petits Québécois anglophones apprennent le français très tôt à l’école… Bien que je comprenne les raisons pour lesquelles la loi est ainsi faite, je n’aime pas l’idée que l’on me prive d’un choix qui pour moi vient de soi, celui de pouvoir déterminer moi-même ce qui est le mieux pour mes enfants. Étant Française, et avec un mari francophone à l’époque, mes enfants n’auraient jamais manqué de parler français à la maison. Cependant, tel que c’est là, je parle essentiellement anglais avec mes enfants, et mon mari leur parle français.
J’ai donc magasiné les écoles privées de mon secteur, sur la Rive Sud, et même à Montréal. Les écoles Montessori semblaient être le meilleur choix… mais j’ai vite déchanté quand je me suis rendue compte qu’il n’y avait aucune chance au monde que mes enfants puissent aller dans le privé sans que je ne m’endette sérieusement. Cela coûte entre $9,000 et $10,000 par année et par enfant, pour la maternelle ou le premier cycle (les frais sont plus élevés en maternelle en fait), sans compter les uniformes, les sorties spéciales, les repas, tous les à-côtés… Nous aurions sans doute pu le considérer si mon ex avait travaillé mais ce n’était pas une option…
L’autre alternative était donc de me rabattre sur les écoles publiques de mon quartier; j’ai évidemment commencé par me renseigner sur celle dans laquelle notre fille allait vraisemblablement se retrouver (c’était à l’époque ou elle était encore à la garderie). J’aurais ainsi fait toutes les écoles dans laquelle elle aurait pu être inscrite, y compris l’école alternative Tourterelle qui m’était chaleureusement recommandée par ma voisine.
Comment déterminer la valeur d’une école?
La première chose que j’ai faite est de me renseigner sur la réputation de l’école en question. J’ai contacté mes voisins dans l’espoir qu’ils connaissent quelqu’un dont les enfants fréquentaient cette école. J’ai demandé à ma nounou si elle avait entendu des rumeurs, en positif ou négatif. Ensuite, je me suis rendue en personne au secrétariat et j’ai pu me rendre compte par moi-même que cette école représentait un environnement sécuritaire, sain et gai. Aussi, une journée portes-ouvertes avait été organisée à laquelle nous avons bien sûr assisté; ce sont les enfants eux-mêmes qui nous ont fait visiter les lieux, après le discours du directeur, de l’hygiéniste, de l’orthophoniste et de certains des instituteurs. Je dois dire que nous étions positivement impressionnés. C’est cela qui m’a mis en paix avec l’école de ma fille, avant qu’elle n’y entre pour de bon.
Critères de qualité
L’impression première a été bien vite confirmée. L’école de mon quartier est vraiment excellente. C’est effectivement une école publique, mais le niveau moyen des classes de maternelle est de 87%, l’école est bien entretenue, ils ont un gymnase (ce qui est même mieux que l’école primaire privée de mon secteur, qui n’en a pas!), les salles de classe sont grandes, bien éclairées, les instituteurs sont dévoués, la cafétéria et le service de garde sont excellents; ma fille adore son école et c’est bien là le plus important. Aussi, et ce n’est certainement pas négligeable, les enfants ont toujours des leçons et des devoirs le soir (en quantité raisonnable) que l’on peut facilement organiser tout au long de la semaine. Mes inquiétudes quant à l’école publique où je me faisais une idée que les enfants ne font rien à part jouer n’étaient pas fondées dans ce cas précis. Il n’empêche que je pense tout de même avoir eu de la chance. Les autres écoles de la Rive-Sud ne sont pas toutes aussi bien quotées. Mon alternative aurait été de compenser à la maison, avec le risque que ma fille ne trouve cela trop ardu et n’y prenne pas goût. Comme c’est là, nous avons transformé le tout en jeu, et elle aime beaucoup ça. Elle est bien entourée, elle a été jumelée avec une élève de 5ème année qui l’aide à revoir ses leçons après les classes, ce qui fait qu’elle est bien préparée quand vient le soir et nous nous mettons à table pour réviser. En fait, je vois bien mon fils aller dans le même établissement.
Il n’empêche que lorsque j’ai réalisé que je n’avais pas les moyens de mettre mes enfants dans le privé, cela m’a fait un choc… On veut tous (ou presque) le meilleur pour nos enfants. Je dis « presque » car de toute évidence cela n’était pas (et n’est toujours pas) une priorité pour mon ex. J’ai devant moi quelques années pour me constituer un bas de laine et engranger des fonds pour les études secondaires de mes enfants, car je veux me donner la possibilité d’avoir un choix pour le secondaire: Continuer dans le public, ou aller dans le privé. La réputation des écoles secondaires publiques au Québec est beaucoup moins bonne en général que celle du primaire. Quand nous avons divorcé, j’ai demandé à mon ex s’il voulait que l’on mette des fonds de côté sur la vente de la maison (dont nous devions partager les fruits de la vente à l’époque) pour les études des enfants. Sa réponse, vous pouvez vous en douter, à été un magnifique « Non ». Il n’en voit pas la nécessité. Ses deux enfants plus âgés sont allés au collège privé, son Ex a payé pour le plus jeune, et lui a demandé, et obtenu, une bourse pour le plus âgé car celui-ci est très doué. Je ne sais pas comment il fait, mais mon ex s’en sort toujours… et sans jamais rien planifier. Il passe de coup de chance en coup de chance. C’est fou, et franchement c’est quelques fois rageant.
Critères au niveau du Québec
La polémique sur le palmarès des écoles secondaires bat son plein chaque année au Québec. Il y a les gens pour, et les gens contre; tous les ans le palmarès est mis à jour et tous les ans, les gens le consultent et le commentent. C’est normal, nous sommes humains. Nous voulons le mieux pour nos enfants. Le journal en ligne « Le Devoir » a publié un article très intéressant sur le Québec qui publie son propre bulletin des écoles dont voici ici un extrait:
Québec — Le ministre de l’Éducation, Pierre Reid, riposte au palmarès des écoles secondaires du magazine L’Actualité une semaine avant la parution de la version 2004. Québec propose en effet son propre bulletin, dans lequel les écoles ne sont toutefois pas mises en rang.
Le ministère de l’Éducation a décidé de dévoiler sur son site Internet une foule de statistiques, dont certaines inédites, sur chacune des écoles primaires et secondaires du Québec afin de permettre aux parents de mieux «magasiner» une école, selon les dires du ministre.
Le nombre d’élèves, le taux de diplomation, la réussite aux épreuves ministérielles uniques et même l’indice de faible revenu pour chaque école figurent dans la base de données rendue accessible par le ministère. Les écoles ne sont cependant pas comparées entre elles en fonction de leur performance au chapitre de la réussite des élèves.
Je vous recommande la lecture complète de l’article, mais l’essentiel est bien dans cet extrait. Grâce au lien fourni vous pouvez vous renseigner sur la qualité des écoles publiques de votre ville ou quartier, et ainsi estimer si vous devriez être prêt à vous endetter pour que vos enfants puissent bénéficier d’une éducation qui soit en ligne avec vos attentes. Plusieurs facteurs entrent en compte, et ceux-ci sont bien décrits sur le site. Il s’agit bien sur d’évaluer l’école elle-même, mais aussi la communauté qu’elle dessert. Le taux de décrochage scolaire par exemple, représente un très grand indicateur. La performance académique, la situation géographique, l’entretien de l’établissement représentent aussi des critères très importants.
Envoyer ses enfants dans une institution privée coûte cher, très cher… Ne sous-estimez pas l’aspect financier d’offrir une éducation à vos enfants. Les prix sont trop élevés pour qu’ils puissent être ignorés. La qualité de l’éducation publique au Québec est vraiment très bonne au primaire, ce qui donne un répit, mais vous devriez tout de même considérer le privé, au cas où vos options soient limitées.
Personnellement, si j’opte pour le privé dans le futur, je peux m’attendre à payer toute seule des frais qui équivalent à un minimum de $6,000 par année, multiplié par 2 (pour chacun des enfants) pendant 5 ans (de la 1ère à la 5ème année du secondaire)… Cela fait $60,000, au bas mot, ce qui représente une portion énorme de mes revenus. C’est une somme qui me parait astronomique pour le moment. J’envie presque ma grande amie dont les beaux-parents payent l’éducation de ses tout-petits… Je ne peux pas compter sur mon ex, je le sais, donc il ne me reste que la possibilité de construire moi-même un fonds pour leur éducation. Il me reste 5 ans et demi avant que ma fille ne soit prête à entrer en première année du secondaire, 7 ans pour mon fils.
Bien sûr, je mets déjà de l’argent de côté pour leur éducation dans un REEE familial, mais cela leur servira après leur secondaire. J’espère fortement que mes enfants feront des études supérieures; enfin, si cela n’arrive pas ce ne sera pas la fin du monde. L’essentiel est qu’ils soient heureux et ne manquent de rien.
L’éducation est ce que nous pouvons laisser de plus fort, de plus précieux, de plus durable à nos enfants; l’éducation que votre enfant va recevoir, par vous et par le système éducatif, perdurera bien après que vous et moi ayons disparu de la surface de ce globe. Avec une éducation solide ils seront mieux préparés pour l’avenir. Tout comme vous vous êtes préparé à confier votre enfant à une garderie sécuritaire ou une nounou responsable bien avant sa première année de vie (les listes d’attente s’étendent sur des années), vous devez planifier le futur scolaire de vos enfants. Si vous réalisez que le niveau des écoles dans votre secteur n’est pas adéquat, il est probable que vous devriez alors fortement considérer inscrire vos enfants dans le privé. Ou peut-être même déménager, pourquoi pas. Tout dépend de votre situation, de ce que vous êtes prêt à faire, mais une chose est sûre, ne prenez pas cet aspect là à la légère.
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Ça va faire bizarre de recevoir un message sur un aussi vieil article. Mais bon je viens de découvrir ton blog faut pas m’en vouloir. Concernant le primaire il existe deux options pour tes enfants. Il s’agit de savoir si elle sont disponible dans ton coin. Au primaire il y a en 6e année le cia (Pas la CIA des É-U rassures-toi) cia pour «cour intensif d’anglais», c’est un programme des commissions scolaires francophones, ou la 6e année est condensée en 1/2 année et l’autre 1/2 année est en anglais seulement c’est très bien ma fille ne comprenait rien à l’anglais et elle en est sortie en étant capable de se débrouiller en anglais. Au secondaire il y a le PEI ou programme d’études internationales, c’est au public mais celà ressemble plus au privé, les exigences sont beaucoup plus élevées qu’au régulier. Cependant tes enfants doivent se préparer à de longues soirées d’études…