Comme annoncé dans mon dernier billet, la dernière parution du magazine Money Sense traite de l’état des finances des ménages Canadiens. Le premier article de la série est paru en l’an 2000. Depuis, Money Sense a produit un état financier des ménages Canadiens annuellement. Cela permet de pouvoir dériver les tendances principales de la situation des ménages Canadiens au fil des années, et discuter de l’état de l’économie Canadienne dans son ensemble. Je dois dire que cet article ne dépeint pas une situation très reluisante. Certes, la situation économique mondiale n’arrange pas les choses mais les habitudes des ménages Canadiens laissent aussi à désirer.
L’article fait plusieurs pages; en fait il s’agit plus d’un dossier où l’auteur, Roger Sauvé (président de People Patterns Consulting) explique ce que c’est que la richesse d’après les critères que nous connaissons soit :
- Le montant d’argent que nous gagnons chaque année, ou encore
- La valeur nette de chacun. Pour en savoir plus sur sa propre valeur nette, reférez vous à l’article que j’ai écrit sur le sujet intitulé « Quelle est votre valeur nette?« .
Une fois ce montant évalué, le dossier permet au lecteur de se catégoriser par rapport au reste de la population Canadienne.
Parlons Salaires
Pour ce qui est des salaires (qui représentent la source principale de revenus pour la plupart des ménages), la population active a été partagée en 5 groupes qui représentent chacun 20% de la population. L’auteur tient en compte les ménages dont les deux membres gagnent un salaire comme les ménages se composant seulement d’un seul gagne-pain. Voyons plutôt
| Pourcentage | Ménages à une personne | Ménages en couple |
| Les 20% les plus pauvres | Max $13,300 | Max $39,100 |
| 20%-40% | Entre $13,301 et $20,900 | Entre $39,101 et $59,900 |
| 40%-60% | Entre $20,901 et $32,800 | Entre $59,901 et $83,300 |
| 60%-80% | Entre $32,801 et $51,600 | Entre $83,301 et $119,000 |
| Les 20% les plus riches | $51,601 et plus | $119,001 et plus |
Je ne sais pas ce que vous en pensez mais j’ai été très surprise par ces chiffres. Cela veut dire que quelqu’un qui gagne $50,000 par année se situe dans la deuxième tranche la plus importante à l’échelle du Canada. Celui qui gagne $60,000 est dans la tranche la plus élevée. Cela ne représente pourtant pas beaucoup d’argent, et c’est vraiment très peu quand on vit à Calgary où le prix de la vie a explosé, ou encore à Toronto. Pourtant il s’agit d’un fait. La grosse majorité des ménages Canadiens vit avec des revenus peu élevés.
La différence est expliquée d’après la province dans laquelle on vit. Les ménages qui ont les revenus les plus modestes se situent à Terre-Neuve et sur l’Île du Prince Edward. Ceux avec les revenus les plus élevés vivent en Alberta et en Colombie Britannique. Le Québec se situe au cinquième rang, juste à côté de l’Ontario qui est en sixième position (donc plus riche).
L’article vient ensuite à catégoriser les revenus des hommes de ceux des femmes. La conclusion est évidente; malgré tout ce qui a été entrepris jusqu’à présent, les femmes gagnent moins que les hommes. En fait elles gagnent beaucoup moins. En moyenne une femme gagne seulement deux tiers du salaire d’un homme et ce pour le même travail, la même position et les mêmes responsabilités. Il semble que cette différence apparaissent très tôt, avant l’âge de 20 ans et perdure jusqu’à la retraite…
Une autre révélation très intéressante est que la distribution de la richesse au Canada est particulièrement inégale. Les 20% les plus riches ramassent près de la moitié des revenus générés, tandis que les 20% les plus pauvres n’en récupèrent que 4%. La disparité est énorme! Je ne sais pas si vous avez entendu aux nouvelles la semaine dernière mais la pauvreté chez les enfants progresse. Le Canada se classe 15 sur 17 mondialement sur ce registre par rapport aux pays développés. Il y a de quoi avoir envie de se cacher…
Entre les très très pauvres et les ultra riches, la classe moyenne grandit difficilement. Le ménage Canadien moyen a vu son pouvoir d’achat augmenter de 20% en 20 ans, soit un misérable 1% par an. Pas étonnant que l’on ne se sente pas plus riche d’une année à l’autre…
Parlons Valeur Nette
L’article discute ensuite de la valeur nette, c’est-à-dire le montant d’argent dont vous disposeriez si vous veniez à vendre tous vos biens moins le montant de vos dettes. On prend donc en compte votre maison, votre voiture, comptes en banque, REER, REEE, actions, et même votre pension. L’article fournit ensuite un barème qui vous permet de vous situer par rapport aux ménages Canadiens. Le voici:
| Pourcentage | Ménages à une personne | Ménages en couple |
| Les 20% les plus pauvres | Max $1,350 | Max $41,400 |
| 20%-40% | Entre $1,351 et $16,500 | Entre $41,401 et $167,000 |
| 40%-60% | Entre $16,501 et $81,000 | Entre $167,001 et $358,600 |
| 60%-80% | Entre $81,001 et $270,000 | Entre $358,601 et $697,000 |
| Les 20% les plus riches | $270,001 et plus | $697,001 et plus |
Il semble que ce montant augmente avec le temps mais je suis sûre que vous serez d’accord avec moi, $1,350 pour un ménage composé d’un seul gagne-pain est un montant pathétiquement bas. Et cet article ne mentionne pas les ménages qui n’ont en fait aucune valeur nette car ils sont endettés par-dessus tout!
La combinaison gagnante
Pour finir riche d’après ce dossier, la combinaison suivante est la meilleure. Il faut idéalement:
- Être un homme – raté pour moi;
- Être patient – la richesse grandit avec le temps. C’est certainement ce sur quoi je compte! – en cours
- Avoir un diplôme – être éduqué paye, même si ce n’est pas une garantie. Cela dépend bien sûr du type de diplôme mais en général ceux qui réussissent sont allés à l’école pendant de nombreuses années – réussi!
- Être marié, et heureux en couple – raté!
Disons que je n’ai pas vraiment toutes les chances de mon côé mais ce n’est certainement pas ce qui va m’arrêter! ; -)
Enfin, l’article discute des signes avant coureurs qui pourraient impacter les résultats sur la valeur nette de chacun:
- La dette moyenne par ménage. Celle-ci augmente de façon dramatique. En 1990 le pourcentage de dettes du Canadien moyen par rapport à sa valeur nette était de 9%. En 2000 ce pourcentage est passé à 29%. En ce moment il est de plus de 50%, et ce chiffre continue d’augmenter… Il semble que le ménage Canadien ait décidé de combler son manque à gagner en empruntant, histoire de compenser pour toutes les augmentations de salaire qu’il n’a jamais vu. Une gratification simple mais qui coûte cher…
- Autre facteur qui confirme le point précédent, le taux s’insolvabilité des Canadiens âgés de 55 ans et plus, qui a augmenté de 500% depuis 1990. Ce chiffre en lui-même m’a fait peur. Il semble que de plus en plus de Canadiens atteignent l’âge de la retraite en étant endettés. D’ailleurs, certains de ceux qui ont voulu être prévenants se sont quand même fait avoir à cause de malfrats comme Vincent Lacroix et Earl Jones. Et encore, ce sont ceux qui se sont faits prendre. Je me demande combien il y en a d’autres qui courent les rues incognito…
- Enfin, le troisième facteur est l’engouement des Canadiens pour l’immobilier. Une grosse majorité de la population Canadienne est endettée parce qu’elle a mis le plus gros de ses avoirs dans l’immobilier, et elle utilise l’équité de leurs immeubles pour acheter davantage par le biais de marge de crédit. Dans les années 1990 l’immobilier représentait seulement un tiers de la richesse d’un ménage. Ce chiffre est maintenant à 40%. Si le prix des habitations continuent d’augmenter il n’y a pas à s’inquiéter. Par contre si le prix des habitations chutent la valeur nette du ménage Canadien prendra un grand coup.
Enfin, l’auteur ne manque pas de tirer une comparaison entre le comportement des ménages Canadiens d’aujourd’hui et celui des ménages Américains d’hier, qui a mené à la crise économique que nous vivons en ce moment. Il recommande enfin de rembourser ses dettes et de diversifier ses avoirs (c’est-à-dire de ne pas compter uniquement sur la valeur de sa maison, qui représente le bien le plus important).
C’est un portrait certainement sombre mais je dirais néanmoins réaliste. Le nombre de faillites ne fait qu’augmenter. Même si l’économie générale du pays est solide, les banques ont tenu le coup il n’empêche que nous ne sommes pas à l’abri. Je n’ai fait ici qu’un résumé des points principaux qui sont décris dans le dossier. Si vous parlez anglais et si le sujet des finances personnelles vous intéresse, je vous recommande chaleureusement de vous abonner au magazine Money Sense, ou encore de le consulter en ligne. Notez que je ne suis pas sponsorisée pour écrire cet article.
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Je vois qu’il y a des points communs entre ici et chez toi (pauvreté des enfants et différences de salaires entre hommes et femmes)merci pour cet article tres interessant