Ce matin, la Banque Centrale Américaine a décidé de prendre les devants et de baisser
de nouveau le taux directeur à un taux jamais vu. Celui-ci était à 1% depuis un peu plus d’un mois, ce qui était déjà un record qui tenait depuis 50 ans. Le taux a été descendu si bas cette fois ci que l’on parle maintenant d’une fourchette plutôt que d’un taux, qui se situe entre 0 et 0.25%. Au cas où vous vous poseriez la question, le taux directeur est le taux de refinancement des banques c’est à dire, l’intérêt qu’elles doivent payer lorsqu’elles empruntent de l’argent auprès de la Banque centrale. Si le taux a été descendu à ce point, c’est parce que l’économie est à son plus bas. Plus question de se cacher la tête dans le sable… Les États-Unis sont en train de faire faillite et je dois dire que faisant partie d’un des pays voisins les plus proches je ne me sens pas très à l’aise (même si cette crise n’a pas de frontière). Je me pose la question que probablement beaucoup de gens se posent eux-mêmes… Que dois-je faire pour me blinder en cas de perte éventuelle de mon emploi? Dans mon cas ce serait le seul revenu de la famille…
Une chose est sûre, la situation est là pour durer. L’histoire se répète, et si on fouille dans le passé pendant la grande crise de 1929… On a mis une dizaine d’années à se relever et en plus, ça s’est fini avec une guerre mondiale! Yikes…
En ce moment, il est clair que le temps d’acheter une maison ou une voiture ne pourrait sans doute pas être plus approprié. Les prix chutent de façon prodigieuse. Le prix des maisons dans la région de Montréal a chuté de 10% en 6 mois, alors que jusque là ils n’avaient fait qu’augmenter avant de se stabiliser. Les institutions financières américaines ont répondu immédiatement à la nouvelle baisse du taux directeur, en baissant à leur tour le taux d’intérêt principal à 3.25%, ce qui est en lui-même un autre record qui tenait depuis plus de 50 ans… Le taux d’intérêt au Canada est quant à lui à 3.50% Les banques ne suivent pas aussi bien ici qu’au sud de la frontière, l’appât du gain est encore trop fort…
On va avoir un Noël blanc, mais un Noël froid… Les nouvelles sont pessimistes. Les compagnies continuent de licencier, et comme les ménages n’achètent plus, ou moins, cette tendance va ne faire qu’augmenter.
Pour mon compte, j’ai evité la deuxième vague de licenciement qui a eu lieu mardi dernier, le 9 décembre. Je suis allée à un entretien le 11 pour une nouvelle emploi, à mon compte. Le projet était déjà financé donc je me sentais à l’aise à l’idée de quitter mon emploi actuel… Et effectivement il n’y a eu aucun problème à l’entretien. Tout s’est très bien passée, nous étions sur la même longueur d’onde, qui était très positive. En fait, j’ai décroché l’emploi! Mais comble du comble, à mon grand désarroi j’ai ensuite appris qu’il y avait une clause de non concurrence entre la compagnie pour laquelle je travaille en ce moment, et celle qui voulait m’embaucher
Ce qui veut dire que je suis techniquement esclave de la compagnie pour laquelle je travaille… (qui n’a en plus pas beaucoup de travail à me proposer en ce moment…) Si j’avais été licenciée le mardi précédent, il n’y aurait eu aucun problème à ce que je sois embauchée le jeudi suivant… mais le sort n’en a pas voulu ainsi…
Ce qui m’a fait réaliser que je suis prisonnière d’une compagnie qui a instauré un système pour enchaîner ses employés… La seule façon légale et saine (c’est-à-dire sans brûler les ponts, car Montréal est un petit marché) de briser cette chaîne est de changer d’emploi pendant une période de 6 mois, et ensuite je serai en mesure de travailler à mon compte pour les compagnies de mon choix, sans restrictions.
Mais est-ce vraiment ce que je veux faire? J’ai des enfants en bas âge, nous ne disposons que d’un seul revenu (ce à quoi j’étais habituée avant, même mariée, mais au moins je ne risquais pas à l’époque de perdre mon travail. Cette situation me force à réviser mes objectifs… À l’instant présent ma priorité ne réside plus vraiment dans mon fond retraite ou mes REER mais surtout dans le besoin de gonfler le plus rapidement possible mon fonds d’urgence. En effet, si je perds mon emploi j’aurais de la difficulté à en trouver un autre rapidement, et je ne veux pas être prise dans une situation où je n’aurais pas le choix que de prendre n’importe quelle offre.
J’ai donc décidé de réduire de $300 à $100 ma contribution à mes REER à chaque paye. Je mettrai le supplément dans mon fonds d’urgence. de toute manière, après la paye de demain, la prochaine paye tombera en Janvier 2009 et c’est le moment où les ponctions à la source reprennent de plus belle. Comme tous les Canadiens salariés, je disposerai alors de moins de fonds sur mon salaire, et ce pour au moins les 6 prochains mois. Je préfère avoir plus de liquidités, ce qui me donnera plus de flexibilité.
La sécurité de l’emploi n’existe pas, c’est un fait. J’y ai été confrontée comme mes collègues plus que jamais depuis le dernier trimestre. Je pourrais faire partie de la prochaine vague, ce qui serait sans doute une bonne chose car je pourrais alors bénéficier d’un package. Cependant je ne vais certainement pas attendre après cette possibilité. C’est connu, les salariés finissent rarement riches. Une des façons de s’enligner sur un futur riche est de partir sa propre compagnie. J’avais déjà ma propre compagnie il y a de cela 4 ans, mais j’ai décidé de la fermer et de redevenir salariée car je voulais avoir un autre enfant. Mon mari ne travaillant pas à l’époque ce n’était pas une bonne idée de m’arrêter aussi de travailler car en tant que travailleur autonome en 2004 je n’aurais pas eu d’aide de la part du gouvernement pour ma maternité. Ça a changé après mais en attendant je n’avais pas d’autre choix que de retourner travailler à salaire.
Mes enfants sont plus grands, un peu plus autonomes; au moins ils parlent et je serai moins stressée à l’idée de les laisser à la garde de quelqu’un que je connais pas. Ce n’est certes toujours pas le scénario idéal mais je sais que je suis prête à voler de nouveau de mes propres ailes. Notez aussi que je préfère ne pas compter mon ex dans l’équation. Il est bien trop instable pour que je ne puisse qu’espèrer compter sur lui…
Donc voila le plan dans les grandes lignes pour l’année 2009… Mettre la priorité sur mon fonds d’urgence, limiter mes dépenses, idéalement augmenter mes revenus, me libérer de l’emprise de mon employeur actuel, m’assurer que mes enfants et moi survivrons à la crise… quel que soit le temps qu’elle durera. Et rester libre, heureuse, et aussi insouciante que je peux me le permettre!
Et vous, avez-vous des plans? Êtes vous inquiet pour l’avenir? Laissez un commentaire!
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